Pas une surprise Dans Le monde daté du 2 octobre : "l'immigration économique qualifiée, que Nicolas Sarkozy et le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, disent vouloir favoriser, risque elle aussi d'être entravée. Le projet de loi vient, aux yeux des cadres étrangers, alourdir encore un peu plus le parcours du combattant que devient une installation en France. La précédente loi de juillet2006 avait déjà rendue obligatoire la signature d'un contrat d'accueil et d'intégration (CAI) pour tout nouvel arrivant, même pour les salariés en mission temporaire." Un exemple : "Toutes ces contraintes 'ternissent fortement l'attractivité de la France', se désole Antoine Lesuffleur, chercheur en nanotechnologies. Avec son épouse ukrainienne, rencontrée dans un laboratoire suisse, il a fini par s'exiler aux Etats-Unis, las du 'parcours du combattant' qu'ils ont vécu pour qu'elle puisse obtenir une carte de séjour, puis une carte de résident, avant de décrocher la nationalité. Sans que, jamais, sa femme, pourtant non moins diplômée que lui, ne trouve du travail." Un gouvernement qui demande systématiquement la simplification des choses et l'efficacité économique ne devrait pas mettre en place une telle usine à gaz. En comparaison, en matière de patriotisme ou de nationalisme, la lettre de Guy Môquet a au moins cet avantage de ne pas coûter grand chose...
stéphane
| jeudi 4 octobre 2007 | 11:50 | EcoBlabla | #
1029 | rss | PDF
Commentaires
1.
Linca | jeudi 4 octobre 2007 | 12:40
La croissance n'était-elle pas sensée être démultipliée par la victoire de l'équipe de France de rugby, fortement compromise par cette même lettre ?
Pour en revenir en sujet, dans les départements informatiques d'une grande banque, on voit souvent des gens partir deux semaines au pays, et ne revenir qu'un mois ou deux plus tard suite à des problèmes de visa... Une perte d'efficacité directe...
2.
Passant | jeudi 4 octobre 2007 | 12:47
Pas grand chose ?
200.000 classes en primaire, une séquence disons d'une heure, soit 200.000 h/an, à 1.134 h dues par an en primaire, ça fait l'équivalent de 176 emplois, soit l'équivalent en masse salariale d'environ 5.500.000 €, soit en gros à la louche 3 € par personne assujettie à l'IR.
ça fait cher le caprice
3.
all | jeudi 4 octobre 2007 | 14:10
[Le Monde écrit :] "l'un est américain, l'autre français marié à une Américaine. Leur entreprise décide de les envoyer en France[...]l'épouse américaine du Français sera soumise à un test de langue"
L'Américaine acquiert la nationalité française par le mariage (au terme de 4 ou 5 ans), même si son mari est expat. Wath's wrong ?
Ensuite si vous lisez bien Antoine Lesuffleur vous verrez qu'il est pour l'immigration choisie : il revendique des facilités migratoires pour les gens qui ont de bonnes qualifications professionnelles à vendre au pays qu'il ont eux-même choisi.
droitdesetrangers.blogspo...
4.
Une heure de peine | jeudi 4 octobre 2007 | 14:16
Mariée à une historienne de nationalité extra-européenne, je pense également à l'expatriation vu les difficultés pour mon épouse à trouver du travail...
Le problème pour la politique d'immigration de Sarkozy, c'est de ne pas avoir compris que l'immigration diplômée et tout ça a suffisamment de ressources pour aller voir ailleurs - c'est une immigration choisie, mais choisie par les migrants plus que par les pays ! Tandis que l'immigration peu qualifié ou des réfugiés est contrainte : où qu'ils aillent, ils rencontreront des difficultés, donc l'augmentation de celles-ci ne changera pas grand chose, et les immigrants ne pourront pas partir ailleurs facilement - l'immigration est bien subie, mais par les migrants...
5.
Eolas | jeudi 4 octobre 2007 | 14:59
Môquet, pas Mocquet.
6.
Yom | jeudi 4 octobre 2007 | 16:13
All, non on "peut" obtenir la nationalité, ce n'est pas automatique. Tout le monde n'a pas forcément envie d'obtenir la nationalité d'un pays qui n'est pas le sien, d'autant que certains pays n'acceptent pas la double-nationalité.
Mais bonne remarque en effet. On peut obtenir la nationalité française par mariage sans n'avoir jamais mis le pied en France ni parler un mot de français, mais pas simplement venir y travailler.
Sinon, ce que je trouve intéressant c'est les 30% d'expulsions qui concernaient en 2006 des futurs citoyens UE (roumains et bulgares) dont on savait que dès le 1er janvier 2007 ils seraient libres de venir en France sans visa (et à terme de venir y travailler).
7.
FC | jeudi 4 octobre 2007 | 17:25
Connais pas votre contentieux avec all, mais sa remarque est assez juste, et votre réponse m'a plutôt l'air d'abonder dans son sens. Déplorer les conséquences de la politique migratoire sarkozystes sur l'attractivité française vis-à-vis des diplômés, c'est implicitement déplorer le manque de discernement de cette politique, et donc de regretter qu'elle ne fasse pas davantage de place à une immigration ciblée, "choisie" - qui faisait pourtant partie des promesses de campagne de notre cher président. A moins de se servir de ces exemples absurdes pour escamoter tout débat sur l'immigration.
Il n'y a pas de contentieux entre nous. Ma réponse n'abonde pas dans son sens non plus. Tout au plus, elle note l'incohérence globale de la méthode Sarkozy sur ce point.
Ce n'est pas ma logique. Je dis simplement que la pratique actuelle n'est même pas cohérente avec la démarche d'immigration choisie. L'immigration choisie comme mur ne me semble pas pertinente. Mais si on s'en réclame, le minimum est de l'appliquer. Or, il semble bien que la loi actuellement au vote pose un certain nombre de problèmes de ce point de vue. Et il semble bien que ce ne soit pas nouveau avec Nicolas Sarkozy. J'ai repris un autre exemple pour m'extraire de la logique du type cité dans le monde. Non, il n'est pas seul et non, qu'il défende l'immigration choisie ne prouve rien quant à la réalité du problème rencontré avec sa femme.
Je pense pour ma part que toute la politique sarkozyenne vise précisément à réduire l'attractivité de la France comme terre d'immigration, non pas tant en durcissant les lois qu'en faisant régner une insécurité juridique permanente sur le statut des étrangers, et en communiquant largement sur cette insécurité. Si cette politique s'accompagne d'un aplanissement généralisé des conditions pour les immigrés de haut niveau, elle aura au moins le mérite de la cohérence. Sinon, ben... Voilà quoi.
8.
sea34101 | jeudi 4 octobre 2007 | 19:46
Pour ma part le concept d'immigration choisie me semble un peu floue. Comment faire lorsqu'il y a un cas de manque de main d'oeuvre non qualifiee? Il a ete dit que l'hotellerie et le batiment manque de main d'oeuvre (je crois avoir lu 300 000 emplois). Comment une PME peut elle faire venir simplement et rapidement de la main d'oeuvre extra communautaire en petite quantite (ie une ou deux personnes)? Quand on voit les difficultes rencontrees par les BAC+beaucoup il n'y a pas de quoi etre optimiste pour les autres.
A moins que les mesures "incitatives" - suppression d'allocations en cas de refus de la Xeme offre - ne resolvent ce probleme...
9.
l'auteur | jeudi 4 octobre 2007 | 22:37
C'est très simple: les immigrés qualifiés et diplômés vont se barrer (ils ont la possibilité de travailler là ils veulent dans ce monde). Par contre, les non qualifiés resteront que Sarko le veuille où non. Au final, il aura l'effet inverse de sa politique. Quand la loi de Gresham s'applique à la politique d'immigration!
10.
fao | jeudi 4 octobre 2007 | 22:48
Je suis en train de signer un contrat RD en allemagne, je ne parle que l'anglais, pas un mot d'allemand, et ça ne pose aucun problème pour que j'y aille travailler. Là bas les contraintes ont l'air moins fortes, y compris sur les autoroutes où il n'y a quasiment pas un flic et finalement pas tellement d'accidents.
11.
FC | vendredi 5 octobre 2007 | 01:16
@ fao: Le rapprochement entre sécurité routière et immigration me paraît extrêmement hasardeux.
Par ailleurs, si vous êtes Français, il n'y a rien de surprenant à ce que vous puissiez vous installer en Allemagne sans problème.


