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De retour d’un déplacement au Mali, au Bénin et au Maroc, Nicolas Sarkozy explique dans un entretien au Journal du Dimanche les nouvelles relations que la France entend tisser avec le continent africain.
Que vous inspire ce qui se passe actuellement aux Canaries ?
Aux portes de l'Europe, des milliers de jeunes Africains viennent échouer aux Canaries. Ce sont des drames épouvantables. Notre continent n'est pas l'eldorado que des passeurs sans scrupule leur font miroiter ! L'avenir de cette jeunesse, nous devons l'organiser avec les pays africains, pour ne pas avoir à subir les drames de l'immigration clandestine, qui est une voie sans issue.
Vous êtes parti en Afrique faire de la « pédagogie » autour de votre loi sur l’immigration. L’accueil a été hostile, au Mali particulièrement.
Ne confondez pas une petite minorité manipulée et un peuple qui espère dans le développement et comprend bien que l’immigration ne peut être sans limite. Je crois qu’il faut parler franchement à ses amis, sans craindre d’aborder les vraies questions. Je suis allé en Afrique pour dialoguer sans tabou avec les responsables maliens et béninois. Je leur ai dit ma conviction : l’immigration doit être concertée, régulée par les pays d’accueil et par les pays d’origine. Car je récuse deux idées fausses, l’immigration zéro d’un côté, l’immigration sans limite de l’autre. L’immigration doit être choisie par la France et par les pays d’émigration. Elle doit être organisée pour servir au développement des pays d’origine.
L'immigration « choisie », n'est-ce pas une façon de piller les ressources humaines de l'Afrique ?
Rien n'est plus faux ! Je propose d'organiser une vraie circulation des compétences. Mieux qu'aujourd'hui, nous devons accueillir des étudiants africains, faire émerger de nouvelles élites et leur permettre d'acquérir une première expérience professionnelle en France, dont ils feront bénéficier leur pays d'origine, grâce aux mécanismes que nous allons mettre en place pour leur faciliter la création d'une activité quand ils y retourneront. La mobilité des jeunes talents, c'est exactement le contraire du "pillage des cerveaux".
Une véritable politique de l'immigration peut-elle être efficace si elle n'est pas relayée par les autres pays européens ?
Le continent africain représente 65% des flux migratoires vers la France. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, en enregistrant les chiffres sans chercher à les maîtriser ! Encadrer le regroupement familial, supprimer les régularisations automatiques, mieux accueillir les étudiants et les actifs, proposer une aide au retour volontaire, financer des projets de codéveloppement : ce sont des mesures nécessaires. Et parce qu’ils sont confrontés aux mêmes problèmes, nos principaux partenaires européens font les mêmes choix que nous !
À Cotonou, vous avez prôné une relation avec l'Afrique « nouvelle, décomplexée, débarrassée des scories du passé ». La « Françafrique », c'est fini ?
L'Afrique doit rester au centre des priorités de notre politique étrangère et d'aide au développement. Je ne dis pas seulement cela en raison des liens historiques, linguistiques et affectifs qui nous unissent à ce continent. C'est aussi l'intérêt bien compris de la France et de l'Europe, qui doivent être attentives à ce que l’Afrique se développe économiquement et se stabilise politiquement. De nouvelles générations arrivent aux responsabilités, qui n’ont pas connu l’époque à laquelle vous faites allusion. La mondialisation rebat les cartes, exposant l’Afrique à de nouveaux dangers mais lui offrant aussi des opportunités. Je souhaite avec nos partenaires africains une relation privilégiée et équilibrée. Une relation fondée sur la transparence, le respect de l’autre et l’esprit de responsabilité. Oui, je veux que nous chassions les vieux démons du paternalisme, du clientélisme et de la complaisance. Comme je veux en finir avec les réseaux occultes et les émissaires de l’ombre. Ce sont des pratiques qui ont fait du tort à notre pays et à nos amis africains.
Rupture encore, quand vous ne citez pas une seule fois le nom de Jacques Chirac ?
Permettez-moi de rectifier. Lors de ce voyage, et à plusieurs reprises, j’ai rendu hommage à l'action déterminante du Président de la République en faveur de l'aide au développement. Sous son impulsion, les sommes mobilisées par la France dans ce domaine ont augmenté de 75% par rapport à 2001, année où sous le gouvernement Jospin, notre effort financier avait atteint son point le plus bas. Cette obligation de moyens doit s'accompagner d'une obligation de résultat. La question n'est pas seulement : « combien? » Mais aussi « comment et pour quels résultats » ?.
Pourquoi cette escale au Maroc, hier, non prévue à votre programme ?
Un nouveau ministre de l’intérieur, Benmoussa, vient d'être nommé. Il m'a rendu visite le 14 avril. Apprenant mon déplacement en Afrique, il m'a proposé de m'arrêter pour commencer sans attendre le travail d’étroite coopération que nous nous sommes promis. Nous avons beaucoup à en attendre, que ce soit dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants ou dans la lutte contre l'immigration irrégulière.
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Aux portes de l'Europe, des milliers de jeunes Africains viennent échouer aux Canaries. Ce sont des drames épouvantables. Notre continent n'est pas l'eldorado que des passeurs sans scrupule leur font miroiter ! L'avenir de cette jeunesse, nous devons l'organiser avec les pays africains, pour ne pas avoir à subir les drames de l'immigration clandestine, qui est une voie sans issue.
Vous êtes parti en Afrique faire de la « pédagogie » autour de votre loi sur l’immigration. L’accueil a été hostile, au Mali particulièrement.
Ne confondez pas une petite minorité manipulée et un peuple qui espère dans le développement et comprend bien que l’immigration ne peut être sans limite. Je crois qu’il faut parler franchement à ses amis, sans craindre d’aborder les vraies questions. Je suis allé en Afrique pour dialoguer sans tabou avec les responsables maliens et béninois. Je leur ai dit ma conviction : l’immigration doit être concertée, régulée par les pays d’accueil et par les pays d’origine. Car je récuse deux idées fausses, l’immigration zéro d’un côté, l’immigration sans limite de l’autre. L’immigration doit être choisie par la France et par les pays d’émigration. Elle doit être organisée pour servir au développement des pays d’origine.
L'immigration « choisie », n'est-ce pas une façon de piller les ressources humaines de l'Afrique ?
Rien n'est plus faux ! Je propose d'organiser une vraie circulation des compétences. Mieux qu'aujourd'hui, nous devons accueillir des étudiants africains, faire émerger de nouvelles élites et leur permettre d'acquérir une première expérience professionnelle en France, dont ils feront bénéficier leur pays d'origine, grâce aux mécanismes que nous allons mettre en place pour leur faciliter la création d'une activité quand ils y retourneront. La mobilité des jeunes talents, c'est exactement le contraire du "pillage des cerveaux".
Une véritable politique de l'immigration peut-elle être efficace si elle n'est pas relayée par les autres pays européens ?
Le continent africain représente 65% des flux migratoires vers la France. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, en enregistrant les chiffres sans chercher à les maîtriser ! Encadrer le regroupement familial, supprimer les régularisations automatiques, mieux accueillir les étudiants et les actifs, proposer une aide au retour volontaire, financer des projets de codéveloppement : ce sont des mesures nécessaires. Et parce qu’ils sont confrontés aux mêmes problèmes, nos principaux partenaires européens font les mêmes choix que nous !
À Cotonou, vous avez prôné une relation avec l'Afrique « nouvelle, décomplexée, débarrassée des scories du passé ». La « Françafrique », c'est fini ?
L'Afrique doit rester au centre des priorités de notre politique étrangère et d'aide au développement. Je ne dis pas seulement cela en raison des liens historiques, linguistiques et affectifs qui nous unissent à ce continent. C'est aussi l'intérêt bien compris de la France et de l'Europe, qui doivent être attentives à ce que l’Afrique se développe économiquement et se stabilise politiquement. De nouvelles générations arrivent aux responsabilités, qui n’ont pas connu l’époque à laquelle vous faites allusion. La mondialisation rebat les cartes, exposant l’Afrique à de nouveaux dangers mais lui offrant aussi des opportunités. Je souhaite avec nos partenaires africains une relation privilégiée et équilibrée. Une relation fondée sur la transparence, le respect de l’autre et l’esprit de responsabilité. Oui, je veux que nous chassions les vieux démons du paternalisme, du clientélisme et de la complaisance. Comme je veux en finir avec les réseaux occultes et les émissaires de l’ombre. Ce sont des pratiques qui ont fait du tort à notre pays et à nos amis africains.
Rupture encore, quand vous ne citez pas une seule fois le nom de Jacques Chirac ?
Permettez-moi de rectifier. Lors de ce voyage, et à plusieurs reprises, j’ai rendu hommage à l'action déterminante du Président de la République en faveur de l'aide au développement. Sous son impulsion, les sommes mobilisées par la France dans ce domaine ont augmenté de 75% par rapport à 2001, année où sous le gouvernement Jospin, notre effort financier avait atteint son point le plus bas. Cette obligation de moyens doit s'accompagner d'une obligation de résultat. La question n'est pas seulement : « combien? » Mais aussi « comment et pour quels résultats » ?.
Pourquoi cette escale au Maroc, hier, non prévue à votre programme ?
Un nouveau ministre de l’intérieur, Benmoussa, vient d'être nommé. Il m'a rendu visite le 14 avril. Apprenant mon déplacement en Afrique, il m'a proposé de m'arrêter pour commencer sans attendre le travail d’étroite coopération que nous nous sommes promis. Nous avons beaucoup à en attendre, que ce soit dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants ou dans la lutte contre l'immigration irrégulière.
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Convaincu que « l'Afrique en marche peut être (..) l'un des acteurs clés du XXIè siècle et une chance pour l'Europe et la France », il a appelé à créer avec ce continent « les conditions de relations adultes, responsables et décomplexées ».
Devant des représentants de la jeunesse de la société civile malienne, il a clairement affirmé que « nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs, (…) comme nous ne pouvons plus tolérer les détournements auxquels elle donne encore trop souvent lieu ». A cet égard, il a mis en garde contre la corruption qui « doit cesser d'être regardée avec complaisance comme un mal nécessaire ». Et d’affirmer qu’en « dehors des cas de force majeure motivés par l'urgence humanitaire et la défaillance des Etats, l'aide (des pays riches) doit toujours renforcer et jamais remplacer les institutions des pays en développement, qu'il s'agisse de l'Etat ou de la société civile ». Selon lui, « il nous faut conjointement chasser les vieux démons du paternalisme, de l'assistanat et du clientélisme ». Il a souhaité « que nos relations avec l'Afrique soient l'une des orientations prioritaires de notre politique étrangère prise dans son ensemble ».
A Cotonou, au Bénin, il a appelé à construire une relation entre la France et l'Afrique « plus transparente ». « Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et des obsolescences qui perdurent de part et d'autre de la Méditerranée » a-t-il insisté.
Venu lever les malentendus et les incompréhensions sur la nouvelle politique migratoire de la France, le ministre de l’Intérieur a défendu auprès de ses interlocuteurs le concept d’immigration choisie. « Les maliens sont toujours les bienvenus en France (…) mais je veux une immigration choisie par la France et le Mali » a-t-il déclaré et d’insister sur la nécessité de « désormais mieux prendre en compte les besoins économiques » de la France en même temps que « les besoins en matière de développement » des pays d’Afrique.
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Devant des représentants de la jeunesse de la société civile malienne, il a clairement affirmé que « nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs, (…) comme nous ne pouvons plus tolérer les détournements auxquels elle donne encore trop souvent lieu ». A cet égard, il a mis en garde contre la corruption qui « doit cesser d'être regardée avec complaisance comme un mal nécessaire ». Et d’affirmer qu’en « dehors des cas de force majeure motivés par l'urgence humanitaire et la défaillance des Etats, l'aide (des pays riches) doit toujours renforcer et jamais remplacer les institutions des pays en développement, qu'il s'agisse de l'Etat ou de la société civile ». Selon lui, « il nous faut conjointement chasser les vieux démons du paternalisme, de l'assistanat et du clientélisme ». Il a souhaité « que nos relations avec l'Afrique soient l'une des orientations prioritaires de notre politique étrangère prise dans son ensemble ».
A Cotonou, au Bénin, il a appelé à construire une relation entre la France et l'Afrique « plus transparente ». « Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et des obsolescences qui perdurent de part et d'autre de la Méditerranée » a-t-il insisté.
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Invité du journal de France 2, Nicolas Sarkozy a rappelé l’objectif qui le guide au sein du gouvernement : la sécurité des Français. Dans la lutte contre la délinquance sexuelle et sa récidive, le ministre de l'Intérieur a annoncé des mesures pour que « plus jamais, un monstre ne soit installé aux côtés de petites victimes », évoquant le meurtre du petit Mathias.
Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures fortes pour lutter contre la délinquance sexuelle et sa récidive. Parmi elles, figure l’obligation « pour un délinquant sexuel qui sort de prison de suivre un traitement », de « pointer tous les mois au commissariat ou à la gendarmerie de son domicile » afin de pouvoir le localiser et le contraindre, « chaque fois qu’il effectue un déplacement de plus d’une semaine de dire où il va ». Autre point soulevé par le ministre de l’Intérieur, celui des « délinquants anciens », c'est-à-dire tous ceux pour lesquels la nouvelle loi (qui a instauré notamment un fichier des délinquants sexuels) ne s’applique pas, du fait du principe de la non-rétroactivité de la loi. (L'individu suspecté d'avoir assassiné et violé le petit Mathias n'était pas dans les fichiers des délinquants sexuels malgré sa condamnation à deux reprises pour pédophilie en 1983 et en 1989). Il a demandé qu’on déroge à cette exception concernant « les délinquants sexuels anciens »
Sur le thème de l’immigration, dont le projet de loi sera voté à l'Assemblée nationale mercredi, il a défendu une politique volontariste. « Il faut en finir avec la langue de bois: on ne peut pas continuer dans la situation que nous connaissons aujourd'hui ». « Pourquoi la France serait le seul pays au monde qui ne puisse décider librement de qui a le droit de venir chez nous et qui n'est pas le bienvenu », à l'instar de nombreux pays commme les Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, l’Angleterre ou les pays du Nord de l’Europe s’est-il interrogé.
Répondant aux critiques sur la fuite des cerveaux, venant notamment du président sénégalais Abdoulaye Wade, sur le concept d’'immigration choisie, il a clairement expliqué « qu'il ne s'agit pas de piller les élites des pays en voie de développement mais d'accueillir en France des gens pour qui on a un travail et non pas des gens qui vont s'entasser dans des taudis pour qu'en pleine nuit il y ait des incendies et des morts comme cet été à Paris ». « On ne peut plus continuer à accueillir en France tout ceux qui veulent venir et à qui nous n'avons ni logement ni travail à offrir » a-t-il lancé et d’indiquer qu’il se rendra au Mali et au Bénin pour expliquer la nouvelle politique de la France en matière d’immigration.
Revenant sur l'affaire Clearstream, et la motion de censure déposée par le Parti socialiste, le président de l’UMP a déclaré : « ce n'est ni monsieur Hollande, ni monsieur Bayrou ni personne qui dira la vérité. La vérité sera dite par les juges » ! Et de réaffirmer une nouvelle fois sa confiance dans la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Interrogé sur le vote du président de l’UDF, il l’a qualifié de « non évènement » : « depuis quatre ans, il ne vote quasiment rien. C'est son droit le plus absolu, ça ne change rien au travail que nous avons à faire au service des Français ». « Quand à François Hollande » , qui vient donner « des grandes leçons d'entente », il l’a invité à s’occuper « de Fabius, de Strauss-Kahn et de tous les autres ». Et d’ironiser : « il a beaucoup de travail au sein du Parti socialiste » !
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Invité du journal de France 2, Nicolas Sarkozy a rappelé l’objectif qui le guide au sein du gouvernement : la sécurité des Français. Dans la lutte contre la délinquance sexuelle et sa récidive, le ministre de l'Intérieur a annoncé des mesures pour que « plus jamais, un monstre ne soit installé aux côtés de petites victimes », évoquant le meurtre du petit Mathias.
Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures fortes pour lutter contre la délinquance sexuelle et sa récidive. Parmi elles, figure l’obligation « pour un délinquant sexuel qui sort de prison de suivre un traitement », de « pointer tous les mois au commissariat ou à la gendarmerie de son domicile » afin de pouvoir le localiser et le contraindre, « chaque fois qu’il effectue un déplacement de plus d’une semaine de dire où il va ». Autre point soulevé par le ministre de l’Intérieur, celui des « délinquants anciens », c'est-à-dire tous ceux pour lesquels la nouvelle loi (qui a instauré notamment un fichier des délinquants sexuels) ne s’applique pas, du fait du principe de la non-rétroactivité de la loi. (L'individu suspecté d'avoir assassiné et violé le petit Mathias n'était pas dans les fichiers des délinquants sexuels malgré sa condamnation à deux reprises pour pédophilie en 1983 et en 1989). Il a demandé qu’on déroge à cette exception concernant « les délinquants sexuels anciens »
Sur le thème de l’immigration, dont le projet de loi sera voté à l'Assemblée nationale mercredi, il a défendu une politique volontariste. « Il faut en finir avec la langue de bois: on ne peut pas continuer dans la situation que nous connaissons aujourd'hui ». « Pourquoi la France serait le seul pays au monde qui ne puisse décider librement de qui a le droit de venir chez nous et qui n'est pas le bienvenu », à l'instar de nombreux pays commme les Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, l’Angleterre ou les pays du Nord de l’Europe s’est-il interrogé.
Répondant aux critiques sur la fuite des cerveaux, venant notamment du président sénégalais Abdoulaye Wade, sur le concept d’'immigration choisie, il a clairement expliqué « qu'il ne s'agit pas de piller les élites des pays en voie de développement mais d'accueillir en France des gens pour qui on a un travail et non pas des gens qui vont s'entasser dans des taudis pour qu'en pleine nuit il y ait des incendies et des morts comme cet été à Paris ». « On ne peut plus continuer à accueillir en France tout ceux qui veulent venir et à qui nous n'avons ni logement ni travail à offrir » a-t-il lancé et d’indiquer qu’il se rendra au Mali et au Bénin pour expliquer la nouvelle politique de la France en matière d’immigration.
Revenant sur l'affaire Clearstream, et la motion de censure déposée par le Parti socialiste, le président de l’UMP a déclaré : « ce n'est ni monsieur Hollande, ni monsieur Bayrou ni personne qui dira la vérité. La vérité sera dite par les juges » ! Et de réaffirmer une nouvelle fois sa confiance dans la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Interrogé sur le vote du président de l’UDF, il l’a qualifié de « non évènement » : « depuis quatre ans, il ne vote quasiment rien. C'est son droit le plus absolu, ça ne change rien au travail que nous avons à faire au service des Français ». « Quand à François Hollande » , qui vient donner « des grandes leçons d'entente », il l’a invité à s’occuper « de Fabius, de Strauss-Kahn et de tous les autres ». Et d’ironiser : « il a beaucoup de travail au sein du Parti socialiste » !
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« Peut on rassembler les Français autour d’un principe aussi audacieux que celui de la réforme ? » C’est sur ce thème que 2000 cadres de l’UMP ont planché le samedi 13 mai lors d’un débat émaillé de témoignages et d’échanges.
A moins d’un an des échéances présidentielles, Nicolas Sarkozy a appelé l’UMP à « incarner le camp de l'audace, du changement, du mouvement », en « portant haut les valeurs qui sont les nôtres » tout en refusant « d’être caricaturé ».
Il entend que l’UMP soit « la grande force politique au service de la lutte contre les inégalités » qui sera à même de « proposer la construction d’une nouvelle synthèse (…) entre le capital et le travail, entre l’Etat et le marché, entre la justice et l’efficacité, entre la protection et la flexibilité, entre la fidélité à soi-même et l’ouverture au monde. Synthèse, finalement, entre l’amour de la France et le respect des autres cultures ».
La réforme que propose l’UMP « doit porter en elle la promesse d’un avenir meilleur » pour tous : « C’est la France que nous voulons représenter, incarner, entraîner »
Revenant sur l’affaire Clearstream, il a exprimé sa totale confiance dans la justice pour connaître la vérité, tout en affirmant son intention de continuer son travail au sein du gouvernement au service de la sécurité des Français. « Je le dois aux Français qui souffrent de l’insécurité. Je les dois à la majorité qui m’a donné les moyens de cette politique et qui m’a toujours soutenu » a-t-il lancé. « On ne sert pas son pays en ajoutant une crise à la crise (…) Je veux simplement être un jour celui qui, en votre nom, incarnera la rupture pour construire une nouvelle espérance pour la France ».
En clôture de son discours, il a appelé les cadres de l’UMP à faire leurs, cette citation de Clémenceau : « en politique, il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut enfin l’énergie de le faire ».
";}s:7:"summary";s:261:"Devant les cadres de l’UMP, Nicolas Sarkozy a affirmé sa double volonté de poursuivre son action au service des Français et de créer les conditions d’une victoire de l’UMP en 2007, en faisant le choix d’incarner le camp de l'audace, du changement, du mouvement.";s:12:"atom_content";s:2637:"Devant les cadres de l’UMP, Nicolas Sarkozy a affirmé sa double volonté de poursuivre son action au service des Français et de créer les conditions d’une victoire de l’UMP en 2007, en faisant le choix d’incarner le camp de l'audace, du changement, du mouvement.

« Peut on rassembler les Français autour d’un principe aussi audacieux que celui de la réforme ? » C’est sur ce thème que 2000 cadres de l’UMP ont planché le samedi 13 mai lors d’un débat émaillé de témoignages et d’échanges.
A moins d’un an des échéances présidentielles, Nicolas Sarkozy a appelé l’UMP à « incarner le camp de l'audace, du changement, du mouvement », en « portant haut les valeurs qui sont les nôtres » tout en refusant « d’être caricaturé ».
Il entend que l’UMP soit « la grande force politique au service de la lutte contre les inégalités » qui sera à même de « proposer la construction d’une nouvelle synthèse (…) entre le capital et le travail, entre l’Etat et le marché, entre la justice et l’efficacité, entre la protection et la flexibilité, entre la fidélité à soi-même et l’ouverture au monde. Synthèse, finalement, entre l’amour de la France et le respect des autres cultures ».
La réforme que propose l’UMP « doit porter en elle la promesse d’un avenir meilleur » pour tous : « C’est la France que nous voulons représenter, incarner, entraîner »
Revenant sur l’affaire Clearstream, il a exprimé sa totale confiance dans la justice pour connaître la vérité, tout en affirmant son intention de continuer son travail au sein du gouvernement au service de la sécurité des Français. « Je le dois aux Français qui souffrent de l’insécurité. Je les dois à la majorité qui m’a donné les moyens de cette politique et qui m’a toujours soutenu » a-t-il lancé. « On ne sert pas son pays en ajoutant une crise à la crise (…) Je veux simplement être un jour celui qui, en votre nom, incarnera la rupture pour construire une nouvelle espérance pour la France ».
En clôture de son discours, il a appelé les cadres de l’UMP à faire leurs, cette citation de Clémenceau : « en politique, il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut enfin l’énergie de le faire ».
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A Nîmes, Nicolas Sarkozy est venu faire partager « cet idéal qui nous rassemble et qui porte un nom : la France ! ». Dans un monde qui ne nous attend pas, il a lancé un appel au sursaut. Il a affirmé une nouvelle fois que seul le changement ouvrira « le chemin qui fera entrer la France de toujours dans le monde de demain ».
C'est un véritable discours de politique générale auquel s'est livré mardi soir à Nîmes Nicolas Sarkozy. Et si le thème de la rupture, déjà maintes fois évoqué, y était largement présent, celui qui ne cache pas ses ambitions présidentielles l'a cette fois décliné sur une longue évocation de la France, "dont on n'a pas assez parlé ces temps derniers, qui n'est pas toujours assez respectée, dont le premier devoir de chaque Français est de l'aimer". Un long et vibrant plaidoyer devant près de 7.000 personnes dont beaucoup brandissaient le drapeau tricolore, tandis que derrière lui s'affichait en grosses lettres blanches sur fond d'herbe verte et de ciel azuré le mot "Construire".
"La France n'appartient pas à ceux qui guettent son déclin, à ceux qui pourraient se réjouir de ce déclin en silence, oubliant un détail : la capacité séculaire de la France à relever les défis de son destin (...) Il n'y a pas de fatalité au déclin de notre pays, il y a seulement les ravages de l'immobilisme (...) C'est l'immobilisme qui affaiblit la France, qui discrédite l'Etat, qui détourne le pouvoir de ce pourquoi il est fait (...) Chaque Français entretient un lien intime avec la France (...) Chaque Français se sent triste, humilié, en colère, quand la France n'est pas à la hauteur de son passé (...) quand la France, au fond, n'est pas assez la France."
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A Nîmes, Nicolas Sarkozy est venu faire partager « cet idéal qui nous rassemble et qui porte un nom : la France ! ». Dans un monde qui ne nous attend pas, il a lancé un appel au sursaut. Il a affirmé une nouvelle fois que seul le changement ouvrira « le chemin qui fera entrer la France de toujours dans le monde de demain ».
C'est un véritable discours de politique générale auquel s'est livré mardi soir à Nîmes Nicolas Sarkozy. Et si le thème de la rupture, déjà maintes fois évoqué, y était largement présent, celui qui ne cache pas ses ambitions présidentielles l'a cette fois décliné sur une longue évocation de la France, "dont on n'a pas assez parlé ces temps derniers, qui n'est pas toujours assez respectée, dont le premier devoir de chaque Français est de l'aimer". Un long et vibrant plaidoyer devant près de 7.000 personnes dont beaucoup brandissaient le drapeau tricolore, tandis que derrière lui s'affichait en grosses lettres blanches sur fond d'herbe verte et de ciel azuré le mot "Construire".
"La France n'appartient pas à ceux qui guettent son déclin, à ceux qui pourraient se réjouir de ce déclin en silence, oubliant un détail : la capacité séculaire de la France à relever les défis de son destin (...) Il n'y a pas de fatalité au déclin de notre pays, il y a seulement les ravages de l'immobilisme (...) C'est l'immobilisme qui affaiblit la France, qui discrédite l'Etat, qui détourne le pouvoir de ce pourquoi il est fait (...) Chaque Français entretient un lien intime avec la France (...) Chaque Français se sent triste, humilié, en colère, quand la France n'est pas à la hauteur de son passé (...) quand la France, au fond, n'est pas assez la France."
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A l'Assemblée nationale comme lors de sa conférence de presse mensuelle, Dominique de Villepin s'est farouchement défendu la semaine passée d'avoir fomenté une quelconque machination contre ses adversaires politiques. Sans parvenir à faire taire les rumeurs.
Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a dénoncé dimanche soir sur Europe 1 "une forme d'acharnement" contre le Premier ministre et demandé que l'on s'en tienne "aux faits".
Dominique de Villepin au plus bas dans les sondages, tous les yeux se tournent pourtant vers le numéro deux du gouvernement.
"Sarkozy à Matignon, c'est possible", titre dimanche le Parisien. La veille, Le Monde affirmait que Jacques Chirac avait demandé au président de l'UMP de "réfléchir" à cette éventualité.
"Il n'est pas question de remaniement", avait cependant aussitôt rétorqué l'entourage de Jacques Chirac, selon qui le président fait une confiance "pleine et entière" au Premier ministre pour mener à bien sa mission.
Nicolas Sarkozy a été reçu vendredi par Jacques Chirac à l'Elysée puis samedi, pendant plus d'une heure, par Dominique de Villepin à Matignon. Autant d'entretiens à même d'alimenter les spéculations.
"Intox", "rumeurs parisiennes", déclarait dimanche sur France Inter le ministre délégué à l'Aménagement du Territoire, le très sarkozyste Christian Estrosi. Selon lui personne, au sein du gouvernement, ne conteste l'autorité de Dominique de Villepin.
";}s:7:"summary";s:242:"De spéculations en démentis, le week-end a bruissé de rumeurs sur un hypothétique remplacement par Nicolas Sarkozy d'un Dominique de Villepin très affaibli après les crises successives du contrat première embauche et de l'affaire Clearstream.";s:12:"atom_content";s:1737:"De spéculations en démentis, le week-end a bruissé de rumeurs sur un hypothétique remplacement par Nicolas Sarkozy d'un Dominique de Villepin très affaibli après les crises successives du contrat première embauche et de l'affaire Clearstream.
A l'Assemblée nationale comme lors de sa conférence de presse mensuelle, Dominique de Villepin s'est farouchement défendu la semaine passée d'avoir fomenté une quelconque machination contre ses adversaires politiques. Sans parvenir à faire taire les rumeurs.
Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a dénoncé dimanche soir sur Europe 1 "une forme d'acharnement" contre le Premier ministre et demandé que l'on s'en tienne "aux faits".
Dominique de Villepin au plus bas dans les sondages, tous les yeux se tournent pourtant vers le numéro deux du gouvernement.
"Sarkozy à Matignon, c'est possible", titre dimanche le Parisien. La veille, Le Monde affirmait que Jacques Chirac avait demandé au président de l'UMP de "réfléchir" à cette éventualité.
"Il n'est pas question de remaniement", avait cependant aussitôt rétorqué l'entourage de Jacques Chirac, selon qui le président fait une confiance "pleine et entière" au Premier ministre pour mener à bien sa mission.
Nicolas Sarkozy a été reçu vendredi par Jacques Chirac à l'Elysée puis samedi, pendant plus d'une heure, par Dominique de Villepin à Matignon. Autant d'entretiens à même d'alimenter les spéculations.
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Fort de cette constatation, Nicolas Sarkozy le martèle : « Dans une démocratie moderne, l’immigration ne doit pas être un sujet tabou. ». Et de prendre l’exemple de l’Allemagne, de l’Espagne, du Royaume-Uni ou du Canada, qui ont eu « le courage » d’engager un débat « riche » et de prendre « les mesures nécessaires».
« Immigration choisie »
Ce terme « d’immigration choisie », Nicolas Sarkozy « l’assume et le revendique ». « Cette expression, dit-il, vient de la commission européenne qui nous a recommandé de le retenir. Choisir, c’est la possibilité de fixer des objectifs pour déterminer la composition flux migratoire dans l’intérêt de la France et des pays d’origine. » Et le ministre de l’Intérieur d’insister longuement sur un des points du texte : le co-développement. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit d’instaurer un « véritable partenariat avec les pays d’origine ».
Le ministre a profité de son intervention pour régler quelques comptes avec ceux qui lui ont reprochés un projet trop dur. « Je refuse catégoriquement les régularisations globales de sans papiers comme en 1981, 1990 ou 1997 : ce n’était pas la solution. Ces opérations massives sont dangereuses car elles créent un appel d’air : le migrant fait venir sa famille, des filières se créent. L’incarnation de ce phénomène c’est le hangar de Sangatte, symbole de la honte », s’emporte Nicolas Sarkozy. Quant à l’Eglise qui s’est inquiétée des questions de « dignité humaine » ces derniers jours, le ministre de l’Intérieur lui reconnait « d’être dans son rôle ». « Mais on ne peut pas me demander à la fois d’expulser des gens des églises et refuser de faire pour la France ce que qu’untel ou untel demande pour son église», avertit-il.
Enfin, le ministre de l’Intérieur s’en est pris aux amendements déposés par la Gauche, en regrettant « que le PS ait été dans l’incapacité de proposer des mesures positives, se bornant à des amendements de suppressions ». Et de conclure : « Seules quelques voix comme celles de Malek Boutih, Manuel Valls et Bruno Le Roux » se sont fait entendre « de manière constructive. Dommage qu’elles n’aient pas porté jusqu’à Solférino… ».
";}s:7:"summary";s:717:"Un constat d’échec. Pour Nicolas Sarkozy, si l’immigration peut amener le meilleur avec « la diversité, le goût de la différence et le sens de la tolérance »… depuis 30 ans, elle a surtout apporté « le pire » en France. « Les citées ghettos », les « squats qui brûlent », les « 27 nuits d’émeutes » de la crise des banlieues… « La vérité, lance le ministre de l’Intérieur aux députés, c’est que notre système n’intègre plus personne. » « Et les immigrés sont les premières victimes de notre incapacité collective ». Cette réalité, elle « n’est glorieuse pour personne », insiste-t-il. Pour lui, aucun doute, dans ces conditions, « il ne faut pas s’étonner que les extrêmes prennent la place » autour de ces questions.";s:12:"atom_content";s:3445:"Un constat d’échec. Pour Nicolas Sarkozy, si l’immigration peut amener le meilleur avec « la diversité, le goût de la différence et le sens de la tolérance »… depuis 30 ans, elle a surtout apporté « le pire » en France. « Les citées ghettos », les « squats qui brûlent », les « 27 nuits d’émeutes » de la crise des banlieues… « La vérité, lance le ministre de l’Intérieur aux députés, c’est que notre système n’intègre plus personne. » « Et les immigrés sont les premières victimes de notre incapacité collective ». Cette réalité, elle « n’est glorieuse pour personne », insiste-t-il. Pour lui, aucun doute, dans ces conditions, « il ne faut pas s’étonner que les extrêmes prennent la place » autour de ces questions.
Fort de cette constatation, Nicolas Sarkozy le martèle : « Dans une démocratie moderne, l’immigration ne doit pas être un sujet tabou. ». Et de prendre l’exemple de l’Allemagne, de l’Espagne, du Royaume-Uni ou du Canada, qui ont eu « le courage » d’engager un débat « riche » et de prendre « les mesures nécessaires».
« Immigration choisie »
Ce terme « d’immigration choisie », Nicolas Sarkozy « l’assume et le revendique ». « Cette expression, dit-il, vient de la commission européenne qui nous a recommandé de le retenir. Choisir, c’est la possibilité de fixer des objectifs pour déterminer la composition flux migratoire dans l’intérêt de la France et des pays d’origine. » Et le ministre de l’Intérieur d’insister longuement sur un des points du texte : le co-développement. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit d’instaurer un « véritable partenariat avec les pays d’origine ».
Le ministre a profité de son intervention pour régler quelques comptes avec ceux qui lui ont reprochés un projet trop dur. « Je refuse catégoriquement les régularisations globales de sans papiers comme en 1981, 1990 ou 1997 : ce n’était pas la solution. Ces opérations massives sont dangereuses car elles créent un appel d’air : le migrant fait venir sa famille, des filières se créent. L’incarnation de ce phénomène c’est le hangar de Sangatte, symbole de la honte », s’emporte Nicolas Sarkozy. Quant à l’Eglise qui s’est inquiétée des questions de « dignité humaine » ces derniers jours, le ministre de l’Intérieur lui reconnait « d’être dans son rôle ». « Mais on ne peut pas me demander à la fois d’expulser des gens des églises et refuser de faire pour la France ce que qu’untel ou untel demande pour son église», avertit-il.
Enfin, le ministre de l’Intérieur s’en est pris aux amendements déposés par la Gauche, en regrettant « que le PS ait été dans l’incapacité de proposer des mesures positives, se bornant à des amendements de suppressions ». Et de conclure : « Seules quelques voix comme celles de Malek Boutih, Manuel Valls et Bruno Le Roux » se sont fait entendre « de manière constructive. Dommage qu’elles n’aient pas porté jusqu’à Solférino… ».
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Récusant les amalgames et les caricatures, Nicolas Sarkozy défend son projet de loi sur l’immigration qui constitue un rempart contre le racisme. Face à « la panne de notre système d’intégration », le ministre de l’Intérieur souhaite « une immigration choisie », gage « d’une intégration réussie ».
Il souhaite « un débat serein éloigné des thèses de l'extrême droite qui assimile tout étranger à un délinquant, et de celles de l'extrême gauche pour laquelle parler d'immigration équivaut à de la xénophobie ». Il se dit prêt à en débattre au Parlement, « sans aller au-delà d’une certaine limite en matière de durcissement », afin de conserver « l’équilibre de son texte ».
Le président de l’UMP ne souhaite pas mettre un terme à l’immigration, mais « la France doit pouvoir faire le choix des immigrés qu’elle accueille en fonction de ses besoins et de ses possibilités » comme le font déjà presque toutes les autres démocraties mondiales. "Dans ces pays, le racisme et l'extrême droite sont moins forts que chez nous. Bref elle est un rempart contre le racisme",
Concernant les conditions du regroupement familial, il n’a pas l’intention « de remettre en cause un droit reconnu par la législation française et garanti par les conventions européennes ». Mais ce sont les conditions de ce regroupement qui doivent être réétudiées. Il faudra donc désormais démontrer que l’on a les moyens d’accueillir sa famille : « Ces moyens doivent être issus de son travail et pas des revenus de l’assistance. Son logement doit également être adapté à la taille de la famille ».
La loi devra être respectée : « l’exécution des décisions d’expulsion est une priorité ». La lutte contre les mariages blancs sera également intensifiée « en rendant obligatoire le visa de long séjour pour l’entrée des conjoints de Français ».
« Quand on demande à vivre en France, il faut comprendre que l'on habite dans une démocratie. Cela signifie que la presse a le droit de publier des caricatures, y compris religieuses; qu'on ne peut interdire à une femme d'aller voir un médecin (...) », poursuit Nicolas Sarkozy qui justifie ainsi l'instauration du « contrat d'intégration ». « C'est un minimum que d'exiger que l'on apprenne le français ». « Le premier devoir de quelqu'un qui est accueilli est de respecter celui qui l'accueille, et donc d'aimer la France ou au moins de la respecter ».
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Récusant les amalgames et les caricatures, Nicolas Sarkozy défend son projet de loi sur l’immigration qui constitue un rempart contre le racisme. Face à « la panne de notre système d’intégration », le ministre de l’Intérieur souhaite « une immigration choisie », gage « d’une intégration réussie ».
Il souhaite « un débat serein éloigné des thèses de l'extrême droite qui assimile tout étranger à un délinquant, et de celles de l'extrême gauche pour laquelle parler d'immigration équivaut à de la xénophobie ». Il se dit prêt à en débattre au Parlement, « sans aller au-delà d’une certaine limite en matière de durcissement », afin de conserver « l’équilibre de son texte ».
Le président de l’UMP ne souhaite pas mettre un terme à l’immigration, mais « la France doit pouvoir faire le choix des immigrés qu’elle accueille en fonction de ses besoins et de ses possibilités » comme le font déjà presque toutes les autres démocraties mondiales. "Dans ces pays, le racisme et l'extrême droite sont moins forts que chez nous. Bref elle est un rempart contre le racisme",
Concernant les conditions du regroupement familial, il n’a pas l’intention « de remettre en cause un droit reconnu par la législation française et garanti par les conventions européennes ». Mais ce sont les conditions de ce regroupement qui doivent être réétudiées. Il faudra donc désormais démontrer que l’on a les moyens d’accueillir sa famille : « Ces moyens doivent être issus de son travail et pas des revenus de l’assistance. Son logement doit également être adapté à la taille de la famille ».
La loi devra être respectée : « l’exécution des décisions d’expulsion est une priorité ». La lutte contre les mariages blancs sera également intensifiée « en rendant obligatoire le visa de long séjour pour l’entrée des conjoints de Français ».
« Quand on demande à vivre en France, il faut comprendre que l'on habite dans une démocratie. Cela signifie que la presse a le droit de publier des caricatures, y compris religieuses; qu'on ne peut interdire à une femme d'aller voir un médecin (...) », poursuit Nicolas Sarkozy qui justifie ainsi l'instauration du « contrat d'intégration ». « C'est un minimum que d'exiger que l'on apprenne le français ». « Le premier devoir de quelqu'un qui est accueilli est de respecter celui qui l'accueille, et donc d'aimer la France ou au moins de la respecter ».
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Devant 2500 nouveaux adhérents, Nicolas Sarkozy a défendu la notion d’immigration choisie. La France doit pouvoir décider qui est accepté sur son territoire sans pour autant devenir une société repliée sur elle même.
Mesdames, Messieurs,
Mes chers amis,
Je me souviens du jour où j'ai adhéré à l'UDR. J'avais 19 ans et je sentais qu'une partie de moi-même était emportée par la passion de la politique. Aimer la politique, faire de la politique, croire en elle, c'est avant toute chose une affaire de sentiments.
Si l'hymne national ne vous fait pas vibrer, si le combat intellectuel ne vous échauffe pas, si les doutes et les souffrances des Français ne vous mobilisent pas, alors la politique n'est pas faite pour vous. En revanche, si la France vous fait rêver, si vous avez le goût des idées et si vous rejetez le fatalisme, alors la politique prend tout son sens.
Comme 170 000 Français depuis le début de cette année, vous avez décidé de rejoindre les rangs de l'UMP. Mon devoir est de me montrer digne de votre engagement. Mon objectif est de vous faire vivre une aventure collective. Mon ambition est de vous faire gagner.
Pour tout cela, j'ai voulu faire de l'UMP un parti moderne. Un parti où la liberté de parler et de proposer est non seulement respectée mais exigée. Vous n'avez pas adhéré à l'UMP pour être enrégimentés et muselés, mais pour participer à la construction de l'avenir.
Pourquoi crois-je tant à la vertu de la liberté ? Parce que l'on n'entraîne pas un parti et, a fortiori, son pays, si on a peur du débat et de la contradiction. L'autorité d'un chef de parti ne se décrète pas. Elle s'impose par sa capacité à écouter et à convaincre.
Je crois à la liberté parce que nous sommes un mouvement populaire. De l'ouvrier au chef d'entreprise, du retraité au jeune étudiant, vous êtes tous différents. L'expression de ces différences constitue un enrichissement et non un handicap.
À quoi sert de s’engager en politique à l’UMP, si c’est pour ne rencontrer que des gens qui vous ressemblent ? À quoi servirait de donner du temps à la France si c’est pour autre chose que rencontrer des Français, par construction, différents ? La politique est une occasion de rencontres, d’échanges, de comprendre la multitude qu’est devenue la France. La politique n’est pas une secte, un clan, un club où l’on se retrouve entre gens bien élevés, qui ont fait les mêmes études et qui sont du même milieu.
Je veux une UMP qui ressemble à la France, c’est-à-dire un parti politique populaire où chacun retrouve sa place. Du chef d’entreprise le plus brillant à l’ouvrier que j’ai rencontré à Metaleurop, la passion de la France et de son pays est la même. Je ne dis pas que celui qui a Bac + 18 a plus la passion de la France que celui qui n’a pas son Bac. Il y a un point commun entre eux : l’amour de la France et la volonté d’assurer la promotion sociale de sa famille. Voilà ce qu’est un mouvement politique vivant et c’est ce que vous venez chercher à l’UMP.
Bien évidemment, nous voulons être le mouvement politique des commerçants, des artisans, des professions libérales, des chefs d’entreprises, mais nous voulons aussi que les ouvriers, les salariés, les fonctionnaires, les jeunes comme les moins jeunes trouvent leur place. C’est ce que disait le Général de Gaulle : le RPF, c’est le métro à 6 heures du soir. À quoi sert de parler de la France si l’on ne parle pas à tous les Français ?
L’UMP doit prendre cet engagement de s’adresser à tous les Français.
Il peut nous arriver de ne pas être d'accord. Vous ne serez pas d’accord avec moi et je peux ne pas l’être avec vous, mais cela n’a aucune espèce d’importance parce que notre diversité répond à celle des Français. Si nous sommes d’accord sur l’essentiel, il n’y a aucun risque à ce qu’il y ait des débats entre nous.
Comment élargir le spectre du débat politique, élargir le spectre politique de l’UMP ? En permettant l’expression des différences, en les confrontant et en les conjuguant pour développer un projet d’intérêt général pour la France. Ce projet, nous allons l'écrire ensemble car le temps où l'on rédigeait un programme dans la précipitation et en catimini est derrière nous.
Il y a d’ailleurs eu débat pour savoir si les Français s’intéressaient aux projets politiques. Je pense que oui. C’est une erreur de penser que les Français n’attendent pas de nous des engagements. Ils attendent simplement que nous disions ce que nous pensions et que, par-dessus tout, nous fassions ce que nous avons dit.
Voilà la martingale gagnante : dire ce que l’on va faire et faire scrupuleusement ce que l’on a dit.
Concernant la prochaine campagne présidentielle, j’ai imposé la participation des adhérents et des militants à tous les niveaux. C’est vous qui allez voter à l’automne, sur les 10 à 15 principales propositions du projet législatif de l’UMP. Je veux que ce projet soit le vôtre et je proposerai un certain nombre de choses.
Par exemple, lorsqu’il y a une grève dans une entreprise, qu’elle soit publique ou privée, ou dans une université, il me semble normal qu’au bout de 8 jours, les responsables de cette entreprise ou université organisent un vote à bulletin secret pour savoir si la majorité veut ou non la continuité de la grève ! Je souhaite que cette proposition soit une des grandes propositions de l’UMP.
Le droit de grève est reconnu, mais il n’y a aucun droit pour une minorité d’imposer sa loi à une majorité. En démocratie, c’est la majorité qui doit triompher et pour décider qui est la majorité, je ne connais qu’une seule procédure : le vote, secret et démocratique.
Vous pourriez me rétorquer que je n’ai pas parlé du lycée. Il faut que je vous le dise, parmi les valeurs qui sont les miennes, quand on a la chance d’être au lycée, on ne fait pas grève…
Vous verrez les propositions que nous vous proposerons, je souhaite qu’elles soient comprises de tous les Français, pour qu’ils sachent, à partir de ce moment-là, ce qui va changer dans leur vie quotidienne.
Je prendrais un autre exemple. Aujourd’hui, la réalité du travail féminin est incontournable. Toutes les femmes souhaitent pouvoir concilier leurs vies professionnelle et familiale. Mais comment faire lorsque l’enfant sort du collège à 16 heures ? Pas une femme ne peut quitter son entreprise ou son administration pour aller chercher ses enfants.
Je souhaite donner la possibilité à tous les Français de reprendre leurs enfants, sur la base du volontariat, à 18 heures avec les devoirs faits, sur place, au collège. Cela permettrait de faciliter la vie des femmes et d’augmenter le pouvoir d’achat des professeurs volontaires pour encadrer ces études surveillées. À ceux qui diront que cela coûte cher, je leur répondrai que ça coûte bien moins cher de payer pour que les enfants fassent leurs devoirs au collège, plutôt que les laisser seuls, avec la loi de la rue et les tentations qui en retournent, parce qu’il faut mettre un terme au problème des orphelins de 16 heures. Voilà ce que nous pensons à l’UMP !
La démocratie, je l’ai voulue pour la désignation de notre candidat à l'élection présidentielle. Il n’y a pas de candidat obligatoire et pour celui ou celle qui voudra nous représenter à la prochaine élection présidentielle, il faudra d’abord qu’il ou elle le mérite, incarne une alternative et soit capable d’entraîner derrière lui ou elle, l’ensemble de sa famille politique.
Je crois au travail, à la récompense, à l’effort et au mérite. J’y crois tellement que, pas simplement pour les autres, j’y crois aussi pour moi-même. Si je voulais, par un jour extraordinaire, postuler pour vous représenter, à ce moment-là, il faudra que je le mérite. Si d’autres veulent postuler à cet honneur, il faudra qu’ils se donnent du mal également. Et c’est le vote des militants qui permettra alors de choisir celle ou celui qui nous conduira.
Je crois à la concurrence, mais je ne vais pas dire aux Français que la concurrence est bonne pour eux mais que je n’en veux pas pour nous.
C’est d’ailleurs bien ce que j’ai fait pour Paris. Lorsque je suis devenu président de l’UMP, il y a un an et demi, Paris était devenu le symbole de nos divisions et de nos bagarres. Nous avons organisé les primaires, elles ont été dignes, respectables, passionnantes. À l’arrivée, les adhérents de l’UMP de Paris ont choisi Françoise de Panafieu. Notre mouvement a ainsi donné une belle image.
Je ferai la même chose pour Reims. Je le dis comme je le pense, les conditions de la compétition entre Renaud Dutreil et Catherine Vautrin ont plutôt fait honneur à la formation politique qui est la nôtre. Nous n’avons rien à craindre de la concurrence, à partir du moment où elle est loyale, répond à un calendrier et à une règle.
C’est la même chose pour les 577 délégués de circonscriptions et les 22.000 élus de comités de circonscriptions, partout la dynamique a été enclenchée.
***
Un parti moderne, c'est aussi un parti qui sait être dans la majorité, mais également dans la société. Notre mission est de relayer l'action du gouvernement mais aussi d'aller au-devant des événements, soit pour les anticiper soit pour les canaliser.
Être à l'écoute, sentir les impulsions, anticiper les contradictions de la nation, imaginer la France de demain sans être prisonnier de sa gestion d'aujourd'hui : voilà notre tâche à une année des échéances électorales.
Cela fait bientôt 4 ans que je suis au gouvernement, je sais que la vie d’un gouvernement n’est pas un long fleuve tranquille. Des crises, j’en ai connu et j’en ai vécu.
Dans la dernière crise, celle du CPE, j'ai estimé que notre devoir était d’être, tout à la fois, fidèle aux décisions prises et actif dans la recherche d'une solution permettant de sortir le pays du blocage.
Je voudrais m’en expliquer devant vous. Du volontarisme et parfois du courage, je sais qu’il en faut pour faire de la politique. Je sais aussi que chaque fois que la gauche a remporté les élections, ce n’est pas parce qu’elle avait gagné avec ses idées, mais parce que la droite avait perdu. Chaque fois, les Français ont voté pour la gauche par défaut ou déception.
Dans toutes ces affaires, j’ai été de ceux qui ont participé à décomplexer la droite française, qui n’en finissait pas de s’excuser de ne pas être la gauche. Dans le même temps, parce que l’ayant décomplexée, je ne laisserai pas la droite française se caricaturer.
Je n’ai pas peur de m’en expliquer parce que cela vient du plus profond de moi-même. Qu’est-ce qu’une droite complexée ? C’est une droite qui renonce à se battre sur ses convictions, ses valeurs, une droite qui aurait eu peur, par exemple, lors des émeutes de novembre, de dire qu’un pays ne peut pas fonctionner s’il n’y a pas d’autorité ni de fermeté.
La démocratie, ce n’est pas le système du n’importe quoi, n’importe quand, avec n’importe qui. On a fait toute une histoire lorsque j’ai parlé de racaille, alors que c’était un peu faible quand on voit le comportement de certains individus.
J’étais hier à Cayenne, en sortant du commissariat, 200 Guyanais m’attendaient, que m’ont-ils dit ? « débarrassez-nous de cette racaille, nous n’en pouvons plus ! » Ceux qui me disaient cela étaient de Guyane pour la plupart, n’avaient pas ma couleur de peau, étaient du même pays que moi, des gens simples, issus du peuple. Ils m’ont dit : « on en entend souvent parler dans les médias qui ne vivent pas ce que nous vivons. Nous, nous n’en pouvons plus ! » Voilà le message qui m’a été donné à Cayenne.
En même temps, je ne veux pas d’une droite caricaturée, c’est-à-dire, une droite qui ferait le cadeau à la gauche de lui laisser le monopole de l’esprit de justice.
Je ne demande pas ici que, dans nos valeurs, ce soit tout pour les uns et rien pour les autres. Je demande la justice sur chacune de nos mesures. Cela veut dire que les efforts soient équitablement répartis et qu’il y ait une récompense pour chacun. Cela veut dire que la justice, dans la République, ne consiste pas donner à chacun la même chose, mais que celui qui travaille plus que les autres, gagne davantage que les autres et celui qui a plus de handicap soit davantage aidé.
À partir du moment où, pour une raison ou pour une autre, le CPE apparaissait comme injuste, parce que l’on pouvait penser qu’à moins de 26 ans, on pouvait être licencié sans explication, alors, il fallait faire attention à ne pas faire le cadeau de l’esprit de justice à la gauche, et nous, être associés à la précarité. Je ne l’ai pas voulu et je ne le regrette pas.
En matière politique, il n’est pas interdit d’analyser la situation pour en tirer toutes les conséquences. La gauche sait parfaitement exploiter toutes nos erreurs, je ne lui ferai pas le cadeau des erreurs habituelles de la droite.
Aux côtés du Président de la République, nous avons pris nos responsabilités, et le constat est là : c'est l'UMP qui a contribué à dénouer la crise. J’aurais préféré qu’il en soit autrement, mais si l’on ne veut pas d’ennuis, mieux vaut ne pas être au gouvernement !
Par ailleurs, je n’ai pas voulu que le gouvernement et son action soient réduits à la seule question du CPE. Depuis 11 mois, le gouvernement de Dominique de Villepin a fait reculer le chômage dans notre pays. Ce point ne doit pas être occulté par la crise que nous venons de vivre.
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Alors, j’essaie de tirer les conséquences de ces trente dernières années. Quelles conséquences ? Jamais une majorité ne s’est succédé à elle-même. Nous sommes le seul pays d’Europe où cela se passe ainsi. Margaret Thatcher, Tony Blair, Aznar, Felipe Gonzales, Schröder se sont tous succédé à eux-mêmes. Pourquoi ce tourniquet en France ?
Je veux un mouvement politique qui dit ce qu’il est et ce qu’il veut.
Nous sommes d’abord attachés à notre patrie. Là encore, nous en avons plus qu’assez de devoir en permanence avoir le sentiment de s’excuser d’être Français. D’ailleurs, si certains se sentent gênés d’être en France, je le dis avec un sourire mais aussi avec fermeté, qu’ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu’ils n’aiment pas, parce que nous, notre pays, nous l’aimons ! Si l’on trouve en France des lois, des habitudes ou des coutumes qui ne plaisent pas, on a parfaitement le droit de le penser, mais on ne peut pas demander à un pays de les changer complètement, tout simplement parce qu’elles ne plaisent pas à une infime minorité.
Alors voilà que j’ai l’idée de défendre une nouvelle politique d’immigration. Et, avant même d’avoir proposé un texte, tout un tas de bonnes consciences se tiennent déjà prêtes. La définition de la bonne conscience étant, en général : comme on n’a pas fait grand chose, on n’a pas pris beaucoup de risques et cela nous donne une grande autorité pour parler…
Je parle de nouvelle politique de l’immigration, mais le terme n’est pas exact, car j’affirme qu’il n’y avait pas de politique d’immigration dans notre pays. Nous avons laissé faire, nous avons subi une immigration que nous n’avons ni voulu, ni pu maîtriser. Ceci n’est pas une politique, mais un défaut de politique.
Je souhaite une immigration choisie, et j’ai également choisi les mots. Cela veut dire que je ne crois pas aux sociétés repliées sur elles-mêmes. Une société meurt davantage de la consanguinité, du repliement sur soi, de la fermeture que de l’ouverture.
Le concept même d’immigration zéro ne correspond pas à l’esprit et l’histoire de notre pays. Chacun d’entre nous, ici, pourrait porter témoignage que parfois sa famille vient de loin, et ce n’est parce que sa famille vient de loin que l’on aime moins la France. Voilà ce qu’est une immigration choisie.
À ceux qui se demandent si j’ai oublié d’où je viens, je ne l’ai certainement pas oublié parce que moi je sais ce qu’une France ouverte a apporté à ma famille. Je ne suis pas devenu français par hasard, mais par la volonté, celle de mon père.
Une immigration choisie veut également dire que la France ne peut pas être le seul pays au monde qui ne puisse décider qui est accepté sur notre territoire et qui n’est pas le bienvenu. Toutes les démocraties au monde décident de ceux qu’elles acceptent. Nous ne pouvons pas être les seuls qui ne décident de recevoir que ceux pour qui nous n’avons ni emploi, ni logement, ni avenir. Il faut se mettre d’accord là-dessus, nous avons le droit de choisir notre immigration.
La diversité est une chance et non une menace. Mais si la France n'a pas vocation à être repliée sur elle-même, elle n'a pas non plus les moyens d'accueillir tous ceux qui voient en elle un eldorado. Il faut en tirer les conséquences. On ne peut pas demander au ministre de l’Intérieur de considérer comme normal le fait pour une personne de rester dans un pays où elle n’a pas les papiers pour y demeurer. Le devoir d’un ministre de l’Intérieur est de renvoyer chez eux ceux qui n’ont pas de papiers.
Bien sûr, cela passe par une grande politique de co-développement et il faut notamment aider les pays de l’Afrique sub-saharienne à se développer, mais au nom de quoi ? Les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Angleterre, l’Allemagne et tant d’autres choisiraient les meilleurs étudiants, les meilleurs travailleurs et nous, nous n’aurions le droit de choisir personne pour subir tout le monde ? Cette politique n’est pas la mienne.
À ceux qui me disent que je manque de générosité, je leur réponds qu’ils manquent, eux, de perspicacité. Ce n’est pas la générosité que de condamner un certain nombre d’hommes et de femmes à être exploités par des filières criminelles, qui vivent de la pauvreté des gens et qui organisent l’immigration clandestine. Ce n’est pas faire preuve de générosité que de créer des quartiers ghettos aux portes de nos grandes villes, où il n’y a que désespérance et au bout de laquelle se trouve la délinquance. Ce n’est pas de la générosité, c’est de l’irresponsabilité et c’est ce qui s’est passé dans notre pays depuis trop d’années.
Alors que vais-je faire ? N’en déplaisent à certaines autorités… Ils veulent un débat, ils l’auront, je ne le fuirai pas. J’ai entendu quelqu’un dire: « hou la la, ce monsieur Sarkozy, ce n’est pas bien ce qu’il fait, il veut faire plaisir à l’opinion publique ! » Ainsi, on me reprocherait de vouloir mettre en œuvre la politique que souhaitent les Français ? Franchement, le but de la démocratie, c’est que nous mettions en œuvre une politique que vous souhaitez, plutôt qu’une politique que vous combattez.
Est-ce que l’on considère que l’intégration, après la crise de novembre, fonctionne bien et qu’il n’y a rien à changer ? Est-ce que l’on considère que les immigrés aujourd’hui en situation clandestine sont tellement heureux qu’il n’y a rien à trouver comme solution ? Est-ce que la situation est tellement parfaite que je doive considérer qu’il n’y a plus rien à faire ? Le rôle d’un responsable politique est d’agir et de prendre ses responsabilités.
Concernant le regroupement familial, il y a encore quelques années, à prononcer le mot et déjà vous étiez un raciste. Je n’accepte pas cette pensée unique qui empêche de parler des problèmes des Français.
C’est parce que les partis républicains n’ont pas eu le courage d’assumer le débat sur ces questions que nous eu un Front national au niveau que nous avons connu dans notre pays. Voilà la réalité des choses. Ne pas avoir le courage de parler, c’est faire le lit des extrêmes. Et je n’ai aucune leçon à recevoir d’une gauche moralisante, responsable de la montée d’un Front national qui a fait désigner la France du doigt pendant 25 ans !
Le regroupement familial est un droit. Naturellement, si l’on veut que quelqu’un puisse s’intégrer, il doit pouvoir le faire avec sa famille. Je pose alors deux questions : Quand on veut faire venir sa famille en France, il faut d’abord démontrer que l’on a les moyens financiers de la faire vivre, sinon, il n’est pas possible de la faire venir. Pour démontrer que l’on a les moyens financiers nécessaires, aujourd’hui, on peut utiliser ses allocations familiales et ses prestations sociales.
Je demande donc que pour le regroupement familial, la démonstration des moyens de faire vivre sa famille soit faite à partir de revenus du travail et non pas de l’assistance. Qui peut contester cela ? Sinon, il suffit de faire venir tous ses enfants, comme c’est un droit d’avoir des allocations sociales, on a, par définition, les moyens de les faire venir et alors, il n’y a plus de contrôle.
Qui seront les premiers à souffrir de cette situation ? Les étrangers en situation régulière, des êtres humains à qui nous devons le respect des droits de la personne et leur dignité. Moi, je n’ai rien à voir avec celui qui parle des « Français de souche », c’est un truc qui ne me plaît pas trop parce qu’avec cette notion, je n’aurais pas eu le droit de me présenter à beaucoup d’élections… !
Puis, je voudrais que, lorsque l’on fait venir sa famille, on démontre que l’on a un appartement pour la recevoir et non pas que l’on soit obligé d’entasser des enfants dans des taudis ou des immeubles où, à 3 heures du matin, les pompiers doivent arriver parce qu’un incendie a pris et que des gosses et des femmes meurent, dans des conditions de misère abominables.
Ce n’est tout de même pas cela la générosité, ni la politique d’immigration que nous voulons dans notre pays ! Pas de frontières, pas de contrôles et, à l’arrivée, vivre dans un squat misérable, exploité par le travail clandestin pour finir mort asphyxié parce qu’il y a eu un incendie. Ce n’est tout de même pas cela que nous voulons garder dans notre pays !
Il y a une autre règle curieuse, fixée à l’époque du gouvernement de monsieur Jospin. Quelqu’un en France, clandestin depuis 10 ans, ayant échappé à tous les contrôles, est alors récompensé, on lui donne des papiers ! Cela s’appelle la régularisation au fil de l’eau. Je propose que l’on supprime cette régularisation au fil de l’eau.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de régulations. Je demande à ce qu’il puisse y en avoir avant 10 ans parce qu’il peut y avoir des raisons. Mais, ces régularisations doivent se faire au cas par cas, pas pour la seule raison d’avoir échappé aux contrôles de la police de l’air et des frontières pendant 10 ans. Ce n’est pas une raison ni une politique.
***
Dans les valeurs que souhaitent les Français, il y a l’autorité. On ne peut pas vivre sans un minimum d’autorité.
Je vois beaucoup de papiers sur la réforme de l’éducation nationale. Tout cela est très intéressant, mais je pense qu’il y a des choses simples à rétablir. Quand un maître rentre dans sa classe, les enfants se lèvent en signe de respect. Quand une famille inscrit son enfant dans un établissement, elle en signe le règlement intérieur, parents et enfants, et s’ils ne le respectent pas les enfants seront exclus de l’établissement. Quand une personne âgée est dans la rue, on la respecte, comme pour une femme.
Ces mots, respect et autorité, nous conduisent à quoi ? Au problème gigantesque de la délinquance des mineurs. Regardons les choses en face, chez certains adolescents, le sentiment d’impunité a fait des ravages.
Quand vous avez 17 ans et demi, que vous mesurez 1m90, que vous avez commis des violences répétées, vous êtes présenté devant le juge pour enfants… Et si ce dernier est de mauvaise humeur, il va vous admonester, et là, déjà, vous tremblez parce qu’à la 19è admonestation, on ne s’est pas encore habitué.
L’ordonnance de 1945 a vieilli et mérite une révision car un mineur d'après guerre n'a plus rien à voir avec un mineur d’aujourd’hui.
Quand vous avez vu les images des deux individus frappant ce photographe avec une violence inouïe, je précise que la police les a arrêtées, tous les deux sont mineurs. Mais, qu’ils soient mineurs ou pas, pour le photographe lâchement frappé à terre, c’est la même chose. Lorsque l’on est capable de faire cela, on n’est pas un enfant mais un adulte et l’on assume ses responsabilités. La responsabilité, c’est la punition.
Quand vous voyez cette bande qui a frappé et arraché le sac de cette petite jeune fille sur la place des Invalides, la totalité de la bande a été arrêtée par la police après un travail judiciaire d’exploitation des photos, ils sont tous mineurs.
Quand on se comporte ainsi, on doit être puni et sévèrement. Que l’on ne vienne pas me dire qu’il y a la prévention et la sanction, la meilleure des préventions, c’est la certitude que la sanction tombera ! Voilà les règles de notre société depuis bien longtemps.
Je n’ai pas encore pu rencontrer la personne handicapée, dans le bus de Stains incendié en novembre, car, malheureusement, elle est tellement brûlée qu’elle est toujours à l’hôpital, mais sa fille m’a raconté l’agression. Elle m’a dit comment sa mère avait dit à l’individu rentré dans le bus : « je suis handicapée, ne mets pas le feu, je ne peux pas bouger ». Il a mis de la gazoline sur elle et a mis le feu au bus. La police l’a arrêté et je n’accepte pas, qu’en première instance, il se soit trouvé un juge pour le relâcher et mettre cet individu sous contrôle judiciaire uniquement parce qu’il est mineur. Fort heureusement, le parquet a fait appel et l’individu est aujourd’hui en prison.
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Alors, il nous faut aussi parler de la justice. Elle consiste à soutenir ceux qui veulent travailler plus que les autres, pour aller plus loin que les autres.
J’étais donc récemment à Metaleurop et, à côté, près de Valenciennes, une usine fabrique des essieux et des roues pour les trains. Les 650 ouvriers m’ont dit : « les salaires sont petits, qu’est-ce que l’on peut faire ? » Je leur ai répondu : « vous laisser travailler plus ».
Parce qu’il n’y a pas d’autres façons d’augmenter le pouvoir d’achat des Français que de leur donner la possibilité de travailler davantage s’ils le choisissent. Dire aux gens qu’ils peuvent gagner plus en travaillant moins est un mensonge et je n’en serai pas le complice !
Je veux que l’on se comprenne bien sur ce sujet, il ne doit pas y avoir d’ambiguïté entre nous. Que certains de nos compatriotes souhaitent être aux 35 heures, il n’y a aucun problème. Certains ont commencé très tôt, d’autres ont des métiers très durs, d’autres encore ont dans la vie des aspirations différentes, c’est leur droit, cela ne me gêne pas. Ce qui me gêne c’est cette idée étrange d’interdire à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de pouvoir le faire.
Cela aboutit à ce que les classes moyennes souffrent et craignent le déclassement. La politique sociale d’un pays ne doit pas être uniquement réservée à ceux qui sont exclus, à qui il faut tendre la main. Mais, ceux qui ont un métier, une famille, un appartement, une voiture, trouvent eux aussi que la vie est dure et doivent eux aussi avoir une aspiration sociale.
Quelle promotion sociale propose–t-on à leur famille ? Il ne peut pas y avoir une politique sociale uniquement réservée à ceux qui n’ont rien, ignorant complètement la classe moyenne.
Cette classe moyenne se définit simplement comme celle qui gagne suffisamment pour être dans les critères de toutes les augmentations d’impôts, et qui gagne trop pour être exclue de tous les critères de toutes les allocations. Voilà la classe moyenne.
Quel avenir lui proposons-nous ? A-t-elle le droit d’être, par exemple, propriétaire de son appartement ? Cette famille-là, a-t-elle droit d’espérer un meilleur salaire et une promotion pour sa famille ?
Nous devons assurer à cette famille une différence entre les revenus du travail et ceux de l'assistance. Il n’est pas normal, quand on travaille avec un petit salaire, d’avoir le sentiment de gagner autant que quand on ne travaille pas et que l’on vit avec les allocations de l’assistance.
Dans les propositions que nous vous ferons, nous demanderons qu’il n’y ait plus de bénéficiaire de minima sociaux qui ne soit pas obligé d’exercer une activité au profit de la société.
Je tiens également et tout particulièrement à une autre proposition : je suis favorable à la suppression totale des droits de donation et de succession pour les patrimoines petits et moyens. J’estime que lorsque l’on a travaillé toute sa vie, il est normal de laisser à ses enfants le produit d’une vie de travail. Cela ne me gêne pas de faire le débat avec qui le voudra à gauche.
La justice sociale, ce n’est pas de s’excuser parce que ses parents ont travaillé toute leur vie, n’ont jamais été au chômage et n’ont jamais demandé les revenus de l’assistance. Quand on a fait cela, on veut laisser à ses enfants le produit d’une vie de travail que l’on n’a pas volée mais gagnée à la sueur de son front. Il est normal de pouvoir le donner à ses enfants.
La justice sociale ne consiste pas à aller prendre le produit de son travail à celui qui a travaillé toute sa vie, mais à garantir à l’enfant qui naît dans une famille où il n’y a pas d’héritage les mêmes chances qu’à celui qui naît dans une famille où il y en a un.
La justice sociale, ce n’est pas garantir à un peuple que tous auront le droit d’être pauvres, mais que, s’ils le méritent, tous pourront prendre le chemin de la promotion sociale.
D’ailleurs, on a parfois le sentiment dans notre pays que l’on se bat non pas pour gagner davantage, mais pour être certain que le voisin gagne moins que vous. On a parfois l’impression que le Parti socialiste est mobilisé autour d’une seule idée : que vous arriviez tous en retard, plutôt que quelques-uns arrivent à l’heure. Nous, à l’UMP, nous ne voulons pas de l’assistanat, nous ne voulons pas de l’égalitarisme, nous ne voulons pas du nivellement. Nous croyons au travail, à la promotion, au mérite et à la récompense. Voilà les valeurs de l’UMP.
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Mes chers amis, Bien sûr, dans ce que je dis, il n’y a pas que du politiquement correct. On va encore s’écrier : « mon Dieu, qu’est-ce qu’il a dit ! » Ce n’est déjà pas mal, car cela prouve que je dis quelque chose, alors que j’en entends tant qui ne disent rien…
Quand j’ai dit que le modèle social français s’effondrait, je n’ai pas voulu choquer qui que ce soit. Je l’ai dit parce que le meilleur modèle social, c’est celui qui donne un travail à chacun, ce n’est plus le nôtre. Pour donner des leçons au monde entier, encore faut-il être exemplaire. Que voulez-vous donner comme leçon à ceux qui ont deux fois moins de chômeurs que nous.
Quand j’ai dit que le système d’intégration à la française ne marchait plus, après avoir vu ce qu’il s’est passé en novembre dernier, il faut être aveugle pour penser qu’il fonctionne encore. Il faut peut-être se poser la question de savoir pourquoi les petits-enfants d’une génération d’immigrés, français juridiquement, se sentent moins français que leurs grands-parents, qui pourtant, eux, ne l’étaient pas. C’est bien la preuve qu’il y a un problème, qu’il faut changer les choses et que nous ne pouvons pas rester immobiles !
Quand je parle de la discrimination positive à la française, ce n’est pas pour imiter je ne sais qui ou je ne sais quoi, mais parce que le malheur de notre pays repose sur le fait que nous avons du mal à faire des choix. Tout le monde exige la solidarité, tout le monde a droit à tout et comme il n’y a plus d’argent dans les caisses, personne n’obtient rien.
Je souhaite que l’on choisisse ceux qui ont plus le droit à la solidarité que d’autres. Je pense d’abord à nos compatriotes qui ont un handicap. Il peut arriver à tout âge et dans toutes les familles. Celui à qui cela arrive a vraiment besoin de la solidarité nationale. Voilà une priorité. Il est vrai qu’il est également des enfants qui naissent dans des familles, qui partent de plus loin sur la ligne de départ de la vie. Ils doivent être plus aidés que d’autres. Il faut faire des choix et les assumer.
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Alors, mes chers amis, il va nous falloir rassembler une majorité.
Parfois, on me fait le reproche de vouloir même être compris des électeurs du Front national ! Je n’ai jamais vu une émission de télévision avec un panneau : « mesdames et messieurs, cette émission est interdite à la vision de ceux qui ont voté pour Front national ou pensé voter une fois pour le Front national. » Je n’ai jamais vu un journal se priver d’un lecteur, pourquoi moi, devrais-je considérer que je ne pourrais parler qu’à une partie des électeurs ?
Ces électeurs du Front national, ils étaient bien quelque part avant ? On devrait plutôt se réjouir qu’un dirigeant d’une formation politique républicaine aille les chercher un par un pour les convaincre que Le Pen est une impasse et de revenir dans une droite républicaine enfin réveillée.
D’ailleurs, je le dis d’autant mieux et puisque l’on vient me chercher, on va me trouver : j’estime que ceux qui ont voté Front national, ce n’était pas parce qu’ils pensaient que Le Pen est un espoir, mais parce que nous les avions désespérés et qu’ils s’imaginaient que nous les avions abandonnés. À partir du moment où l’on se réveille, naturellement, ces gens reviendront et se rassembleront derrière nous. Il nous les faut.
Je veux aussi m’adresser à la gauche populaire, à tous ces gens qui vivent dans les quartiers et qui ont eu le sentiment d’être abandonnés par la République depuis tant d’années. À tous ces gens qui ont cru au Parti communiste. Je n’en étais pas mais on ne peut pas le leur reprocher. J’ai plus de respect pour celui qui travaillait à l’usine, vivait dans un quartier très populaire et voyait dans l’engagement communiste une forme de noblesse, une tradition historique, que pour le mondain, qui n’a pas voulu voir derrière le communisme, tous les drames de Staline et des autres, dans une Union soviétique devenue dictature.
Ces femmes et ces hommes qui vivent dans des quartiers où la vie est impossible, je souhaite qu’ils se reconnaissent et puissent avoir un espoir en nous.
Je veux aller beaucoup plus loin que le seul critère de la gauche et de la droite. Je me sens être un homme de droite, de la droite républicaine, mais je ne me sens pas conservateur car je sais que le monde bouge. Dans un monde qui bouge, si la France demeure immobile, elle perdra son rang de grande nation.
Derrière cette idée du mouvement, du changement, un certain nombre d’hommes et de femmes de la gauche peuvent se dire qu’avec nous, ça va changer. Après tout, quand ils regardent le congrès du parti socialiste au Mans : 3 jours de réunion pour deux idées, cela fait un jour de trop !
Quant à Ségolène Royal, elle a trouvé le raisonnement, « j’ai vos idées ! » dit-elle… Circulez, y a rien à voir ! La prochaine fois, je vais essayer le truc. Je vais entrer salle Gaveau et vous dire : « j’ai vos idées, merci, au revoir ! »
Ce n’est pas ma conception de la politique.
Mes chers amis, Nous pouvons donc rassembler un très large panel de Français. Il faut s’adresser à tout le monde. Je voudrais tellement que l’UMP ait, en quelque sorte, la religion de l’ouverture, de la main tendue. Qu’en aucun cas et d’aucune façon, nous ne donnions le sentiment d’être crispés, refermés sur nous-mêmes, sectaires.
Quand on est fort, confiant dans ses idées, quand on aime son pays, on va vers les autres, on s’ouvre à eux. Si j’ai voulu que les nouveaux adhérents aient des places dans nos instances, c’est pour cela et pas pour autre chose.
Je connais les formations politiques et je rêve d’une formation où les gens se disent : « ah, tu es là-bas, alors ? il paraît que c’est bien ! » Oui c’est bien parce que c’est ouvert, on y rencontre des gens différents, on y apprend des choses, on y découvre les joies de l’aventure collective. Faire de l’UMP un lieu de rassemblement et d’ouverture, un lieu où le sectarisme sera banni à tout jamais, voilà ce que je souhaite faire et j’ai besoin de votre aide.
Mes chers amis, Nous allons avoir une belle année 2006, passionnante, rien que dans le mois qui vient.
Le 3 mai, il y aura une convention de l’UMP sur la justice. Le 9 mai, je serai à Nîmes pour faire un discours sur la France, parce que j’ai envie de parler de la France telle que je la vois, telle que je la connais et telle que je la veux. Une France toujours aussi fière de son histoire mais qui croit davantage en son avenir. Pour moi, la France ce n’est pas qu’une nostalgie, c’est aussi et peut-être d’abord un avenir. Le 13 mai, nous réunirons l’ensemble des cadres de notre mouvement pour parler de la réforme, de la méthode, du calendrier. Le sens de la réforme, le pourquoi il faut le mouvement et la réforme. Puis, nous ferons une convention sur le sport, une sur les départements et territoires d’Outre-mer, une autre sur la santé.
Je veux un mouvement politique où il se passe toujours quelque chose.
Je veux un mouvement politique où vous puissiez vous dire : ils m’ont respecté !
À quoi servirait-il pour moi de porter comme valeur première de l’UMP, le respect, et de ne pas pratiquer cette valeur à l’intérieur de ma famille politique ?
Vous l’avez compris, cette réunion n’est pas pour moi que la douzième, chaque fois, j’essaie de la faire du mieux que je le peux.
Être le président d’une formation politique est un travail harassant, une responsabilité très lourde, mais, en même temps, c’est une joie très profonde, parce que des femmes et des hommes vous font confiance.
Je n’ai qu’une seule idée : ne pas décevoir votre confiance.
Voilà simplement ce que j’avais à vous dire.
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Devant 2500 nouveaux adhérents, Nicolas Sarkozy a défendu la notion d’immigration choisie. La France doit pouvoir décider qui est accepté sur son territoire sans pour autant devenir une société repliée sur elle même.
Mesdames, Messieurs,
Mes chers amis,
Je me souviens du jour où j'ai adhéré à l'UDR. J'avais 19 ans et je sentais qu'une partie de moi-même était emportée par la passion de la politique. Aimer la politique, faire de la politique, croire en elle, c'est avant toute chose une affaire de sentiments.
Si l'hymne national ne vous fait pas vibrer, si le combat intellectuel ne vous échauffe pas, si les doutes et les souffrances des Français ne vous mobilisent pas, alors la politique n'est pas faite pour vous. En revanche, si la France vous fait rêver, si vous avez le goût des idées et si vous rejetez le fatalisme, alors la politique prend tout son sens.
Comme 170 000 Français depuis le début de cette année, vous avez décidé de rejoindre les rangs de l'UMP. Mon devoir est de me montrer digne de votre engagement. Mon objectif est de vous faire vivre une aventure collective. Mon ambition est de vous faire gagner.
Pour tout cela, j'ai voulu faire de l'UMP un parti moderne. Un parti où la liberté de parler et de proposer est non seulement respectée mais exigée. Vous n'avez pas adhéré à l'UMP pour être enrégimentés et muselés, mais pour participer à la construction de l'avenir.
Pourquoi crois-je tant à la vertu de la liberté ? Parce que l'on n'entraîne pas un parti et, a fortiori, son pays, si on a peur du débat et de la contradiction. L'autorité d'un chef de parti ne se décrète pas. Elle s'impose par sa capacité à écouter et à convaincre.
Je crois à la liberté parce que nous sommes un mouvement populaire. De l'ouvrier au chef d'entreprise, du retraité au jeune étudiant, vous êtes tous différents. L'expression de ces différences constitue un enrichissement et non un handicap.
À quoi sert de s’engager en politique à l’UMP, si c’est pour ne rencontrer que des gens qui vous ressemblent ? À quoi servirait de donner du temps à la France si c’est pour autre chose que rencontrer des Français, par construction, différents ? La politique est une occasion de rencontres, d’échanges, de comprendre la multitude qu’est devenue la France. La politique n’est pas une secte, un clan, un club où l’on se retrouve entre gens bien élevés, qui ont fait les mêmes études et qui sont du même milieu.
Je veux une UMP qui ressemble à la France, c’est-à-dire un parti politique populaire où chacun retrouve sa place. Du chef d’entreprise le plus brillant à l’ouvrier que j’ai rencontré à Metaleurop, la passion de la France et de son pays est la même. Je ne dis pas que celui qui a Bac + 18 a plus la passion de la France que celui qui n’a pas son Bac. Il y a un point commun entre eux : l’amour de la France et la volonté d’assurer la promotion sociale de sa famille. Voilà ce qu’est un mouvement politique vivant et c’est ce que vous venez chercher à l’UMP.
Bien évidemment, nous voulons être le mouvement politique des commerçants, des artisans, des professions libérales, des chefs d’entreprises, mais nous voulons aussi que les ouvriers, les salariés, les fonctionnaires, les jeunes comme les moins jeunes trouvent leur place. C’est ce que disait le Général de Gaulle : le RPF, c’est le métro à 6 heures du soir. À quoi sert de parler de la France si l’on ne parle pas à tous les Français ?
L’UMP doit prendre cet engagement de s’adresser à tous les Français.
Il peut nous arriver de ne pas être d'accord. Vous ne serez pas d’accord avec moi et je peux ne pas l’être avec vous, mais cela n’a aucune espèce d’importance parce que notre diversité répond à celle des Français. Si nous sommes d’accord sur l’essentiel, il n’y a aucun risque à ce qu’il y ait des débats entre nous.
Comment élargir le spectre du débat politique, élargir le spectre politique de l’UMP ? En permettant l’expression des différences, en les confrontant et en les conjuguant pour développer un projet d’intérêt général pour la France. Ce projet, nous allons l'écrire ensemble car le temps où l'on rédigeait un programme dans la précipitation et en catimini est derrière nous.
Il y a d’ailleurs eu débat pour savoir si les Français s’intéressaient aux projets politiques. Je pense que oui. C’est une erreur de penser que les Français n’attendent pas de nous des engagements. Ils attendent simplement que nous disions ce que nous pensions et que, par-dessus tout, nous fassions ce que nous avons dit.
Voilà la martingale gagnante : dire ce que l’on va faire et faire scrupuleusement ce que l’on a dit.
Concernant la prochaine campagne présidentielle, j’ai imposé la participation des adhérents et des militants à tous les niveaux. C’est vous qui allez voter à l’automne, sur les 10 à 15 principales propositions du projet législatif de l’UMP. Je veux que ce projet soit le vôtre et je proposerai un certain nombre de choses.
Par exemple, lorsqu’il y a une grève dans une entreprise, qu’elle soit publique ou privée, ou dans une université, il me semble normal qu’au bout de 8 jours, les responsables de cette entreprise ou université organisent un vote à bulletin secret pour savoir si la majorité veut ou non la continuité de la grève ! Je souhaite que cette proposition soit une des grandes propositions de l’UMP.
Le droit de grève est reconnu, mais il n’y a aucun droit pour une minorité d’imposer sa loi à une majorité. En démocratie, c’est la majorité qui doit triompher et pour décider qui est la majorité, je ne connais qu’une seule procédure : le vote, secret et démocratique.
Vous pourriez me rétorquer que je n’ai pas parlé du lycée. Il faut que je vous le dise, parmi les valeurs qui sont les miennes, quand on a la chance d’être au lycée, on ne fait pas grève…
Vous verrez les propositions que nous vous proposerons, je souhaite qu’elles soient comprises de tous les Français, pour qu’ils sachent, à partir de ce moment-là, ce qui va changer dans leur vie quotidienne.
Je prendrais un autre exemple. Aujourd’hui, la réalité du travail féminin est incontournable. Toutes les femmes souhaitent pouvoir concilier leurs vies professionnelle et familiale. Mais comment faire lorsque l’enfant sort du collège à 16 heures ? Pas une femme ne peut quitter son entreprise ou son administration pour aller chercher ses enfants.
Je souhaite donner la possibilité à tous les Français de reprendre leurs enfants, sur la base du volontariat, à 18 heures avec les devoirs faits, sur place, au collège. Cela permettrait de faciliter la vie des femmes et d’augmenter le pouvoir d’achat des professeurs volontaires pour encadrer ces études surveillées. À ceux qui diront que cela coûte cher, je leur répondrai que ça coûte bien moins cher de payer pour que les enfants fassent leurs devoirs au collège, plutôt que les laisser seuls, avec la loi de la rue et les tentations qui en retournent, parce qu’il faut mettre un terme au problème des orphelins de 16 heures. Voilà ce que nous pensons à l’UMP !
La démocratie, je l’ai voulue pour la désignation de notre candidat à l'élection présidentielle. Il n’y a pas de candidat obligatoire et pour celui ou celle qui voudra nous représenter à la prochaine élection présidentielle, il faudra d’abord qu’il ou elle le mérite, incarne une alternative et soit capable d’entraîner derrière lui ou elle, l’ensemble de sa famille politique.
Je crois au travail, à la récompense, à l’effort et au mérite. J’y crois tellement que, pas simplement pour les autres, j’y crois aussi pour moi-même. Si je voulais, par un jour extraordinaire, postuler pour vous représenter, à ce moment-là, il faudra que je le mérite. Si d’autres veulent postuler à cet honneur, il faudra qu’ils se donnent du mal également. Et c’est le vote des militants qui permettra alors de choisir celle ou celui qui nous conduira.
Je crois à la concurrence, mais je ne vais pas dire aux Français que la concurrence est bonne pour eux mais que je n’en veux pas pour nous.
C’est d’ailleurs bien ce que j’ai fait pour Paris. Lorsque je suis devenu président de l’UMP, il y a un an et demi, Paris était devenu le symbole de nos divisions et de nos bagarres. Nous avons organisé les primaires, elles ont été dignes, respectables, passionnantes. À l’arrivée, les adhérents de l’UMP de Paris ont choisi Françoise de Panafieu. Notre mouvement a ainsi donné une belle image.
Je ferai la même chose pour Reims. Je le dis comme je le pense, les conditions de la compétition entre Renaud Dutreil et Catherine Vautrin ont plutôt fait honneur à la formation politique qui est la nôtre. Nous n’avons rien à craindre de la concurrence, à partir du moment où elle est loyale, répond à un calendrier et à une règle.
C’est la même chose pour les 577 délégués de circonscriptions et les 22.000 élus de comités de circonscriptions, partout la dynamique a été enclenchée.
***
Un parti moderne, c'est aussi un parti qui sait être dans la majorité, mais également dans la société. Notre mission est de relayer l'action du gouvernement mais aussi d'aller au-devant des événements, soit pour les anticiper soit pour les canaliser.
Être à l'écoute, sentir les impulsions, anticiper les contradictions de la nation, imaginer la France de demain sans être prisonnier de sa gestion d'aujourd'hui : voilà notre tâche à une année des échéances électorales.
Cela fait bientôt 4 ans que je suis au gouvernement, je sais que la vie d’un gouvernement n’est pas un long fleuve tranquille. Des crises, j’en ai connu et j’en ai vécu.
Dans la dernière crise, celle du CPE, j'ai estimé que notre devoir était d’être, tout à la fois, fidèle aux décisions prises et actif dans la recherche d'une solution permettant de sortir le pays du blocage.
Je voudrais m’en expliquer devant vous. Du volontarisme et parfois du courage, je sais qu’il en faut pour faire de la politique. Je sais aussi que chaque fois que la gauche a remporté les élections, ce n’est pas parce qu’elle avait gagné avec ses idées, mais parce que la droite avait perdu. Chaque fois, les Français ont voté pour la gauche par défaut ou déception.
Dans toutes ces affaires, j’ai été de ceux qui ont participé à décomplexer la droite française, qui n’en finissait pas de s’excuser de ne pas être la gauche. Dans le même temps, parce que l’ayant décomplexée, je ne laisserai pas la droite française se caricaturer.
Je n’ai pas peur de m’en expliquer parce que cela vient du plus profond de moi-même. Qu’est-ce qu’une droite complexée ? C’est une droite qui renonce à se battre sur ses convictions, ses valeurs, une droite qui aurait eu peur, par exemple, lors des émeutes de novembre, de dire qu’un pays ne peut pas fonctionner s’il n’y a pas d’autorité ni de fermeté.
La démocratie, ce n’est pas le système du n’importe quoi, n’importe quand, avec n’importe qui. On a fait toute une histoire lorsque j’ai parlé de racaille, alors que c’était un peu faible quand on voit le comportement de certains individus.
J’étais hier à Cayenne, en sortant du commissariat, 200 Guyanais m’attendaient, que m’ont-ils dit ? « débarrassez-nous de cette racaille, nous n’en pouvons plus ! » Ceux qui me disaient cela étaient de Guyane pour la plupart, n’avaient pas ma couleur de peau, étaient du même pays que moi, des gens simples, issus du peuple. Ils m’ont dit : « on en entend souvent parler dans les médias qui ne vivent pas ce que nous vivons. Nous, nous n’en pouvons plus ! » Voilà le message qui m’a été donné à Cayenne.
En même temps, je ne veux pas d’une droite caricaturée, c’est-à-dire, une droite qui ferait le cadeau à la gauche de lui laisser le monopole de l’esprit de justice.
Je ne demande pas ici que, dans nos valeurs, ce soit tout pour les uns et rien pour les autres. Je demande la justice sur chacune de nos mesures. Cela veut dire que les efforts soient équitablement répartis et qu’il y ait une récompense pour chacun. Cela veut dire que la justice, dans la République, ne consiste pas donner à chacun la même chose, mais que celui qui travaille plus que les autres, gagne davantage que les autres et celui qui a plus de handicap soit davantage aidé.
À partir du moment où, pour une raison ou pour une autre, le CPE apparaissait comme injuste, parce que l’on pouvait penser qu’à moins de 26 ans, on pouvait être licencié sans explication, alors, il fallait faire attention à ne pas faire le cadeau de l’esprit de justice à la gauche, et nous, être associés à la précarité. Je ne l’ai pas voulu et je ne le regrette pas.
En matière politique, il n’est pas interdit d’analyser la situation pour en tirer toutes les conséquences. La gauche sait parfaitement exploiter toutes nos erreurs, je ne lui ferai pas le cadeau des erreurs habituelles de la droite.
Aux côtés du Président de la République, nous avons pris nos responsabilités, et le constat est là : c'est l'UMP qui a contribué à dénouer la crise. J’aurais préféré qu’il en soit autrement, mais si l’on ne veut pas d’ennuis, mieux vaut ne pas être au gouvernement !
Par ailleurs, je n’ai pas voulu que le gouvernement et son action soient réduits à la seule question du CPE. Depuis 11 mois, le gouvernement de Dominique de Villepin a fait reculer le chômage dans notre pays. Ce point ne doit pas être occulté par la crise que nous venons de vivre.
***
Alors, j’essaie de tirer les conséquences de ces trente dernières années. Quelles conséquences ? Jamais une majorité ne s’est succédé à elle-même. Nous sommes le seul pays d’Europe où cela se passe ainsi. Margaret Thatcher, Tony Blair, Aznar, Felipe Gonzales, Schröder se sont tous succédé à eux-mêmes. Pourquoi ce tourniquet en France ?
Je veux un mouvement politique qui dit ce qu’il est et ce qu’il veut.
Nous sommes d’abord attachés à notre patrie. Là encore, nous en avons plus qu’assez de devoir en permanence avoir le sentiment de s’excuser d’être Français. D’ailleurs, si certains se sentent gênés d’être en France, je le dis avec un sourire mais aussi avec fermeté, qu’ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu’ils n’aiment pas, parce que nous, notre pays, nous l’aimons ! Si l’on trouve en France des lois, des habitudes ou des coutumes qui ne plaisent pas, on a parfaitement le droit de le penser, mais on ne peut pas demander à un pays de les changer complètement, tout simplement parce qu’elles ne plaisent pas à une infime minorité.
Alors voilà que j’ai l’idée de défendre une nouvelle politique d’immigration. Et, avant même d’avoir proposé un texte, tout un tas de bonnes consciences se tiennent déjà prêtes. La définition de la bonne conscience étant, en général : comme on n’a pas fait grand chose, on n’a pas pris beaucoup de risques et cela nous donne une grande autorité pour parler…
Je parle de nouvelle politique de l’immigration, mais le terme n’est pas exact, car j’affirme qu’il n’y avait pas de politique d’immigration dans notre pays. Nous avons laissé faire, nous avons subi une immigration que nous n’avons ni voulu, ni pu maîtriser. Ceci n’est pas une politique, mais un défaut de politique.
Je souhaite une immigration choisie, et j’ai également choisi les mots. Cela veut dire que je ne crois pas aux sociétés repliées sur elles-mêmes. Une société meurt davantage de la consanguinité, du repliement sur soi, de la fermeture que de l’ouverture.
Le concept même d’immigration zéro ne correspond pas à l’esprit et l’histoire de notre pays. Chacun d’entre nous, ici, pourrait porter témoignage que parfois sa famille vient de loin, et ce n’est parce que sa famille vient de loin que l’on aime moins la France. Voilà ce qu’est une immigration choisie.
À ceux qui se demandent si j’ai oublié d’où je viens, je ne l’ai certainement pas oublié parce que moi je sais ce qu’une France ouverte a apporté à ma famille. Je ne suis pas devenu français par hasard, mais par la volonté, celle de mon père.
Une immigration choisie veut également dire que la France ne peut pas être le seul pays au monde qui ne puisse décider qui est accepté sur notre territoire et qui n’est pas le bienvenu. Toutes les démocraties au monde décident de ceux qu’elles acceptent. Nous ne pouvons pas être les seuls qui ne décident de recevoir que ceux pour qui nous n’avons ni emploi, ni logement, ni avenir. Il faut se mettre d’accord là-dessus, nous avons le droit de choisir notre immigration.
La diversité est une chance et non une menace. Mais si la France n'a pas vocation à être repliée sur elle-même, elle n'a pas non plus les moyens d'accueillir tous ceux qui voient en elle un eldorado. Il faut en tirer les conséquences. On ne peut pas demander au ministre de l’Intérieur de considérer comme normal le fait pour une personne de rester dans un pays où elle n’a pas les papiers pour y demeurer. Le devoir d’un ministre de l’Intérieur est de renvoyer chez eux ceux qui n’ont pas de papiers.
Bien sûr, cela passe par une grande politique de co-développement et il faut notamment aider les pays de l’Afrique sub-saharienne à se développer, mais au nom de quoi ? Les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Angleterre, l’Allemagne et tant d’autres choisiraient les meilleurs étudiants, les meilleurs travailleurs et nous, nous n’aurions le droit de choisir personne pour subir tout le monde ? Cette politique n’est pas la mienne.
À ceux qui me disent que je manque de générosité, je leur réponds qu’ils manquent, eux, de perspicacité. Ce n’est pas la générosité que de condamner un certain nombre d’hommes et de femmes à être exploités par des filières criminelles, qui vivent de la pauvreté des gens et qui organisent l’immigration clandestine. Ce n’est pas faire preuve de générosité que de créer des quartiers ghettos aux portes de nos grandes villes, où il n’y a que désespérance et au bout de laquelle se trouve la délinquance. Ce n’est pas de la générosité, c’est de l’irresponsabilité et c’est ce qui s’est passé dans notre pays depuis trop d’années.
Alors que vais-je faire ? N’en déplaisent à certaines autorités… Ils veulent un débat, ils l’auront, je ne le fuirai pas. J’ai entendu quelqu’un dire: « hou la la, ce monsieur Sarkozy, ce n’est pas bien ce qu’il fait, il veut faire plaisir à l’opinion publique ! » Ainsi, on me reprocherait de vouloir mettre en œuvre la politique que souhaitent les Français ? Franchement, le but de la démocratie, c’est que nous mettions en œuvre une politique que vous souhaitez, plutôt qu’une politique que vous combattez.
Est-ce que l’on considère que l’intégration, après la crise de novembre, fonctionne bien et qu’il n’y a rien à changer ? Est-ce que l’on considère que les immigrés aujourd’hui en situation clandestine sont tellement heureux qu’il n’y a rien à trouver comme solution ? Est-ce que la situation est tellement parfaite que je doive considérer qu’il n’y a plus rien à faire ? Le rôle d’un responsable politique est d’agir et de prendre ses responsabilités.
Concernant le regroupement familial, il y a encore quelques années, à prononcer le mot et déjà vous étiez un raciste. Je n’accepte pas cette pensée unique qui empêche de parler des problèmes des Français.
C’est parce que les partis républicains n’ont pas eu le courage d’assumer le débat sur ces questions que nous eu un Front national au niveau que nous avons connu dans notre pays. Voilà la réalité des choses. Ne pas avoir le courage de parler, c’est faire le lit des extrêmes. Et je n’ai aucune leçon à recevoir d’une gauche moralisante, responsable de la montée d’un Front national qui a fait désigner la France du doigt pendant 25 ans !
Le regroupement familial est un droit. Naturellement, si l’on veut que quelqu’un puisse s’intégrer, il doit pouvoir le faire avec sa famille. Je pose alors deux questions : Quand on veut faire venir sa famille en France, il faut d’abord démontrer que l’on a les moyens financiers de la faire vivre, sinon, il n’est pas possible de la faire venir. Pour démontrer que l’on a les moyens financiers nécessaires, aujourd’hui, on peut utiliser ses allocations familiales et ses prestations sociales.
Je demande donc que pour le regroupement familial, la démonstration des moyens de faire vivre sa famille soit faite à partir de revenus du travail et non pas de l’assistance. Qui peut contester cela ? Sinon, il suffit de faire venir tous ses enfants, comme c’est un droit d’avoir des allocations sociales, on a, par définition, les moyens de les faire venir et alors, il n’y a plus de contrôle.
Qui seront les premiers à souffrir de cette situation ? Les étrangers en situation régulière, des êtres humains à qui nous devons le respect des droits de la personne et leur dignité. Moi, je n’ai rien à voir avec celui qui parle des « Français de souche », c’est un truc qui ne me plaît pas trop parce qu’avec cette notion, je n’aurais pas eu le droit de me présenter à beaucoup d’élections… !
Puis, je voudrais que, lorsque l’on fait venir sa famille, on démontre que l’on a un appartement pour la recevoir et non pas que l’on soit obligé d’entasser des enfants dans des taudis ou des immeubles où, à 3 heures du matin, les pompiers doivent arriver parce qu’un incendie a pris et que des gosses et des femmes meurent, dans des conditions de misère abominables.
Ce n’est tout de même pas cela la générosité, ni la politique d’immigration que nous voulons dans notre pays ! Pas de frontières, pas de contrôles et, à l’arrivée, vivre dans un squat misérable, exploité par le travail clandestin pour finir mort asphyxié parce qu’il y a eu un incendie. Ce n’est tout de même pas cela que nous voulons garder dans notre pays !
Il y a une autre règle curieuse, fixée à l’époque du gouvernement de monsieur Jospin. Quelqu’un en France, clandestin depuis 10 ans, ayant échappé à tous les contrôles, est alors récompensé, on lui donne des papiers ! Cela s’appelle la régularisation au fil de l’eau. Je propose que l’on supprime cette régularisation au fil de l’eau.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de régulations. Je demande à ce qu’il puisse y en avoir avant 10 ans parce qu’il peut y avoir des raisons. Mais, ces régularisations doivent se faire au cas par cas, pas pour la seule raison d’avoir échappé aux contrôles de la police de l’air et des frontières pendant 10 ans. Ce n’est pas une raison ni une politique.
***
Dans les valeurs que souhaitent les Français, il y a l’autorité. On ne peut pas vivre sans un minimum d’autorité.
Je vois beaucoup de papiers sur la réforme de l’éducation nationale. Tout cela est très intéressant, mais je pense qu’il y a des choses simples à rétablir. Quand un maître rentre dans sa classe, les enfants se lèvent en signe de respect. Quand une famille inscrit son enfant dans un établissement, elle en signe le règlement intérieur, parents et enfants, et s’ils ne le respectent pas les enfants seront exclus de l’établissement. Quand une personne âgée est dans la rue, on la respecte, comme pour une femme.
Ces mots, respect et autorité, nous conduisent à quoi ? Au problème gigantesque de la délinquance des mineurs. Regardons les choses en face, chez certains adolescents, le sentiment d’impunité a fait des ravages.
Quand vous avez 17 ans et demi, que vous mesurez 1m90, que vous avez commis des violences répétées, vous êtes présenté devant le juge pour enfants… Et si ce dernier est de mauvaise humeur, il va vous admonester, et là, déjà, vous tremblez parce qu’à la 19è admonestation, on ne s’est pas encore habitué.
L’ordonnance de 1945 a vieilli et mérite une révision car un mineur d'après guerre n'a plus rien à voir avec un mineur d’aujourd’hui.
Quand vous avez vu les images des deux individus frappant ce photographe avec une violence inouïe, je précise que la police les a arrêtées, tous les deux sont mineurs. Mais, qu’ils soient mineurs ou pas, pour le photographe lâchement frappé à terre, c’est la même chose. Lorsque l’on est capable de faire cela, on n’est pas un enfant mais un adulte et l’on assume ses responsabilités. La responsabilité, c’est la punition.
Quand vous voyez cette bande qui a frappé et arraché le sac de cette petite jeune fille sur la place des Invalides, la totalité de la bande a été arrêtée par la police après un travail judiciaire d’exploitation des photos, ils sont tous mineurs.
Quand on se comporte ainsi, on doit être puni et sévèrement. Que l’on ne vienne pas me dire qu’il y a la prévention et la sanction, la meilleure des préventions, c’est la certitude que la sanction tombera ! Voilà les règles de notre société depuis bien longtemps.
Je n’ai pas encore pu rencontrer la personne handicapée, dans le bus de Stains incendié en novembre, car, malheureusement, elle est tellement brûlée qu’elle est toujours à l’hôpital, mais sa fille m’a raconté l’agression. Elle m’a dit comment sa mère avait dit à l’individu rentré dans le bus : « je suis handicapée, ne mets pas le feu, je ne peux pas bouger ». Il a mis de la gazoline sur elle et a mis le feu au bus. La police l’a arrêté et je n’accepte pas, qu’en première instance, il se soit trouvé un juge pour le relâcher et mettre cet individu sous contrôle judiciaire uniquement parce qu’il est mineur. Fort heureusement, le parquet a fait appel et l’individu est aujourd’hui en prison.
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Alors, il nous faut aussi parler de la justice. Elle consiste à soutenir ceux qui veulent travailler plus que les autres, pour aller plus loin que les autres.
J’étais donc récemment à Metaleurop et, à côté, près de Valenciennes, une usine fabrique des essieux et des roues pour les trains. Les 650 ouvriers m’ont dit : « les salaires sont petits, qu’est-ce que l’on p